Lecture: Le Devoir : Wakeham veut rouvrir l'entente, Legault dit non

Le Devoir : Wakeham veut rouvrir l'entente, Legault dit non

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Le nouveau premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, , a signalé qu’il veut renégocier l’entente conclue avec Québec par . Mais a déjà tracé sa ligne: en novembre 2025, dans une entrevue à , le premier ministre du Québec a dit qu’il allait le laisser « faire le smatte » et prétendre avoir obtenu « un nouveau deal », tout en prévenant qu’il ne pense pas qu’on va mettre plus d’argent sur la table.

Le geste de Wakeham change le ton, pas l’équation. Durant la campagne, il avait évoqué un référendum pour faire approuver l’entente, avant de cesser d’en parler. Il a maintenant confié à un comité indépendant le soin d’examiner le texte, et le rapport est jugé trop critique pour être ignoré. En toile de fond, Québec et Terre-Neuve-et-Labrador restent liés par les mêmes contraintes: sans la participation de Québec, la province de l’Atlantique ne peut pas lancer les nouveaux projets de Churchill Falls et de Gull Island.

Le cœur du problème est toujours le même. Québec reprendrait encore tous les risques dans ces nouveaux projets, ce qui veut dire qu’aucune concession ne peut aller sans contrepartie équivalente. Le comité a d’ailleurs demandé combien d’énergie Terre-Neuve-et-Labrador veut conserver pour ses propres projets de développement économique, notamment miniers. Autrement dit, Saint-Jean veut davantage d’accès au marché américain plutôt que de rester dépendante de Québec comme seul client.

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Or Québec n’a aucun intérêt à laisser cette électricité traverser son territoire ni à se retrouver concurrencé par Terre-Neuve-et-Labrador à New York ou en Nouvelle-Angleterre. Ce bras de fer s’ajoute à une vieille blessure: le contrat signé en 1969 a été extrêmement rentable pour Québec et très décevant pour Terre-Neuve-et-Labrador. Le nouveau texte, conclu en décembre 2024, n’a pas effacé ce passif; il a simplement tenté de le recadrer.

C’est là que le rapport du comité devient difficile à contourner. Il juge que l’échéance de 2075 dans la nouvelle entente est trop lointaine et que la formule de fixation des prix pourrait désavantager Terre-Neuve-et-Labrador. , de son côté, soutient qu’il n’est pas question de rouvrir la négociation de l’entente conclue en décembre 2024. Wakeham peut bien vouloir reprendre le dossier, mais sans argent additionnel de Québec et sans accès facile au marché américain, sa marge de manœuvre semble déjà étroite.

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