Montréal a enregistré 161 cas de maladie de Lyme en 2025, un sommet inégalé en 23 ans pour cette infection bactérienne transmise par la tique à pattes noires. Le bilan place de nouveau l’île de Montréal au cœur d’une maladie que la santé publique dit désormais impossible à écarter.
Ce total a pris une ampleur particulière parce que les personnes de plus de 50 ans restent les plus touchées, mais 22 cas ont aussi été rapportés chez les 0 à 14 ans, soit 14 % du total montréalais. Neuf personnes ont dû être hospitalisées après l’apparition des symptômes, avec des atteintes surtout cardiaques dans cinq cas et neurologiques dans deux autres. Aucun décès n’a été signalé.
Le principal facteur de risque rapporté par les cas était la pratique de loisirs de plein air dans une zone endémique. Au total, 76 % des cas ont mentionné ce type d’exposition. Parmi les 61 cas exposés à Montréal, 24 ont déclaré avoir pratiqué le jardinage ou d’autres activités d’entretien du terrain. Pourtant, seuls 14 % des cas ont dit avoir observé une tique sur leur peau, signe que l’absence de morsure visible ne protège pas contre le diagnostic.
La maladie de Lyme figure dans la liste des maladies à déclaration obligatoire depuis 23 ans. Cette surveillance permet de suivre la progression de l’infection alors que les changements climatiques favorisent la présence des tiques à pattes noires sur le territoire. La direction régionale de santé publique de Montréal rappelle que l’île de Montréal est une zone à risque, et que la plupart des contaminations au Québec ont eu lieu à Montréal. Dans l’ensemble du Québec, 689 cas ont été recensés en 2025, dont 385 en Estrie, la région la plus touchée.
La lecture des chiffres a suscité des questions sur la répartition réelle du risque à l’intérieur de l’agglomération. « C’est très surprenant. Et j’aurais voulu savoir quels arrondissements étaient les plus à risque. Mais ça n’est pas précisé », a dit Lionel Berthoux. Le même observateur a aussi averti que « Les Montréalais ne peuvent plus faire comme si la maladie de Lyme ne les concernaient plus, surtout s’ils passent du temps dans leur jardin et les boisés des alentours ».
En mars dernier, la Dre Camille Guillot rappelait déjà qu’« Il faut apprendre à vivre avec ces maladies en se protégeant adéquatement ». C’est bien là le message que confirment les nouveaux chiffres: la maladie progresse dans les espaces où les Montréalais marchent, jardinent et se détendent, mais elle reste largement évitable quand la protection devient un réflexe. Les bienfaits des activités extérieures demeurent supérieurs aux risques, à condition de ne plus traiter la maladie de Lyme comme un sujet lointain.
