Lecture: Chandail Canadien: Fréchette ne promet pas d’annonce, mais veut avancer à Paris

Chandail Canadien: Fréchette ne promet pas d’annonce, mais veut avancer à Paris

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n’a pas promis d’annonce à Paris dimanche, mais elle a assuré que sa mission n’y serait pas vaine. En marge d’un point de presse tenu à Place du Québec, la ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie a dit: « Je ne garantis pas d’annonce, mais je garantis qu’on va avancer. »

Fréchette a aussi refusé de reprendre à son compte l’objectif de de doubler, voire tripler, les échanges commerciaux entre le Québec et la France. Elle a dit ne pas vouloir se fixer de cible chiffrée à court terme et a plutôt insisté sur une stratégie plus large: renforcer les relations commerciales, les exportations et les investissements des deux côtés de l’Atlantique.

Ce choix de prudence arrive au moment où Québec veut réduire sa dépendance au marché américain. Selon les chiffres évoqués par la ministre, les exportations du Québec à l’extérieur des États-Unis ont augmenté de 10 % au cours des derniers mois. La France fait partie de cette progression, a-t-elle reconnu, mais pas encore à un niveau qu’elle juge suffisant. En 2025, les exportations québécoises de marchandises vers les États-Unis ont atteint 84,8 milliards $, soit 69,8 % du total, tandis que celles vers la France se sont élevées à 2,2 milliards $, ou 1,8 % du total.

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Pour Fréchette, cette mission parisienne doit aussi servir à parler défense. Elle veut que le Québec décroche des contrats dans ce secteur alors que l’Europe s’apprête à investir 800 milliards d’euros pour se réarmer. La ministre a dit voir un intérêt commun entre Québec et la France, en présentant le Québec comme « un acteur fiable, un acteur stable, qui a une expertise reconnue », dans un marché où Paris cherche justement ce type de relation.

La question de l’emplacement du siège de la doit aussi revenir sur la table lundi, lors de son entretien prévu avec . Fréchette a dit que le président français « peut être un acteur d’influence » dans ce dossier, sans préciser quel sort le gouvernement espère réserver à la candidature québécoise. Sa mission à Paris se poursuit jusqu’au 20 mai.

Le contexte explique l’empressement. François Legault avait déjà voulu pousser beaucoup plus loin les échanges avec la France, mais le gouvernement québécois cherche désormais surtout à diversifier ses marchés pendant que les tarifs américains frappent l’économie québécoise et canadienne. Le Québec demeure très dépendant des États-Unis, ce qui donne à chaque ouverture en Europe une portée qui dépasse les chiffres bruts.

Reste que l’ambition affichée à Paris se heurte à une réalité simple: les liens progressent, mais lentement. Fréchette veut profiter de sa deuxième sortie à l’étranger comme première ministre, après un passage à Washington il y a quelques semaines, pour transformer des signaux politiques en contrats, en investissements et, peut-être, en choix plus concrets pour la défense. À Paris, elle n’a pas promis une annonce. Elle a promis du mouvement, et c’est déjà le message qu’elle voulait faire passer.

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