Martin St. Louis sera derrière le banc du Canadien de Montréal jeudi, au premier match de la finale de l’Association de l’Est contre les Hurricanes de la Caroline, après un parcours d’entraîneur que plusieurs anciens coéquipiers disent avoir vu venir bien avant sa nomination. Le match no 1 aura lieu au Lenovo Center à 20 h ET.
Dan Boyle a dit que la première conférence de presse de St. Louis, le 10 février 2022, lui avait donné des frissons. L’ancien défenseur a ajouté que c’était exactement ce qu’il aurait voulu entendre de son entraîneur, et que le mot expérience revenait sans cesse autour de St. Louis, même si ce dernier n’en avait pas vraiment derrière le banc. « Le mot expérience revient tout le temps, et clairement Marty n’a aucune expérience dans ce domaine. Mais en a-t-il besoin ? Clairement non », a résumé Boyle.
Boyle et St. Louis ont été coéquipiers pendant six saisons avec le Lightning de Tampa Bay, de 2001 à 2008, puis une saison avec les Rangers de New York en 2014-15. Pour Boyle, la montée de St. Louis ne tient pas à un cursus classique d’entraîneur, mais à autre chose: une lecture du jeu, une présence, et une façon de parler qui rassure. Cela compte d’autant plus que St. Louis a pris en main une équipe décrite comme à court de confiance et de moral.
Henrik Lundqvist, qui a aussi joué avec lui à New York, a dit qu’on ne devient pas forcément un bon coach parce qu’on a été un grand joueur. Mais il a insisté sur ses qualités humaines. « On voyait que Marty allait être un grand entraîneur », a-t-il dit. « Il est un grand meneur parce qu’il est très bon avec les gens. »
John Tortorella, qui a gagné la Coupe Stanley avec St. Louis en 2004, a décrit un joueur aussi curieux qu’épuisant pour son coach. « Marty était un emmerdeur, honnêtement, avec toutes les questions qu’il posait, donc je pensais un peu qu’il finirait par être là un jour », a-t-il dit. Il a ajouté que les questions étaient incessantes, preuve d’un esprit qui n’a jamais cessé de fouiller le jeu.
Cette réputation remonte à ses débuts. Quand St. Louis a rejoint Tampa Bay en 2000-01, il était un attaquant de 25 ans mesuré à 5 pieds 8 pouces et 180 livres, loin du gabarit imposant qu’on associe souvent à un patron derrière le banc. Quatre ans, trois mois et 12 jours plus tard, il se retrouve aujourd’hui dans le fauteuil le plus exposé de sa carrière d’adulte hockey, et ce n’est pas un hasard si ceux qui l’ont côtoyé parlent d’abord de ses qualités de personne, de son intelligence hockey et de son leadership. Le Canadien, qui disputera aussi une couverture en direct de type Nhl Live Stream pour suivre l’évolution du match et les scénarios du soir, espère que ces traits pèseront autant que n’importe quel tableau tactique lorsque la série s’ouvrira jeudi soir.
Le vrai test commence maintenant. St. Louis a déjà prouvé qu’il pouvait convaincre un vestiaire et rallumer une équipe. Désormais, il doit le faire au moment où chaque détail compte, devant un public qui jugera sa méthode à la mesure du résultat.

