Les Carolina Hurricanes recevront les Canadiens de Montréal dans le match 1 de la finale de l’Association de l’Est jeudi au Lenovo Center, avec la possibilité d’inscrire leur nom dans un coin très précis de l’histoire de la LNH. En cas de victoire, Carolina deviendrait la deuxième équipe seulement à ouvrir les séries éliminatoires avec neuf succès de suite.
Les seuls à l’avoir fait sont les Oilers d’Edmonton de 1985, et ils avaient ensuite soulevé la Coupe Stanley. Trois autres équipes avaient bien commencé avec huit victoires consécutives — les Blues de St. Louis de 1969, les Canadiens de 1960 et les Red Wings de Detroit de 1952 — mais aucune n’avait poussé la série aussi loin au début du tournoi.
Pour Carolina, l’enjeu dépasse la statistique. Le club tente d’atteindre la finale de l’Est pour la première fois depuis son sacre de 2006, et il le fait au terme d’une campagne qui l’a déjà vu rejoindre la finale de conférence deux saisons d’affilée pour la première fois dans l’histoire des Hurricanes et des Whalers de Hartford. Le revers reste pourtant familier: depuis 2018-19, les Hurricanes ont été éliminés trois fois en finale de conférence, dont l’an dernier contre les Panthers de la Floride, qui ont ensuite gagné la Coupe Stanley.
Rod Brind’Amour a balayé l’idée d’un poids du passé. Il a dit, en substance, qu’il en avait un peu assez de toute cette histoire et qu’il comprenait pourquoi on en parlait, mais que son équipe n’y pensait pas. Il a ajouté qu’il y avait déjà assez de choses à surveiller sans s’inquiéter du passé, tout en reconnaissant que les leçons tirées de l’an dernier ont servi depuis la saison passée. Pour lui, le groupe apprend de ce qu’il a vécu, mais ne joue pas avec cette pensée en tête.
Le contraste avec Montréal est net. Les Canadiens arrivent frais d’une série éprouvante, après avoir sorti le Lightning de Tampa Bay en sept matchs au premier tour, puis les Sabres de Buffalo en match 7 lundi. Cette affiche entre Carolina, sortie victorieuse de ses deux séries précédentes par balayage, et Montréal, venu à bout de ses deux premières confrontations au bout de sept rencontres, est la première dans l’histoire de la LNH à opposer une équipe issue de deux sweeps consécutifs à une autre qui a gagné ses deux séries précédentes au match 7, dans une série au meilleur de sept.
Martin St. Louis a résumé l’état d’esprit montréalais sans détour. Selon lui, à ce moment de la saison, il faut savoir défendre durement. Il a ajouté que son équipe a appris qu’elle pouvait perdre de l’élan sans se briser, qu’elle peut plier sans casser, et qu’elle a bien géré cela. Pour l’entraîneur, Montréal a aussi retenu l’importance de continuer à jouer, que ce soit avec une avance d’un but ou de deux, même quand l’adversaire impose un rythme qui peut submerger.
Le défi tactique est aussi clair pour les Canadiens. Noah Dobson a dit que le jeu de pression de Carolina, son forecheck, constitue une part énorme de son identité. Montréal devra être solide à la sortie de zone, s’entraider, utiliser ses jambes pour créer des jeux et tenter de casser cette pression. Il a dit que si les Canadiens y parviennent, ils garderont davantage la rondelle et passeront plus de temps en zone offensive.
Cette série oppose donc une équipe reposée à une équipe aguerrie par l’épreuve, avec un rendez-vous qui peut modifier le récit des deux côtés dès jeudi. Pour Carolina, le premier test est de transformer son élan en quelque chose de plus rare encore: un départ parfait qui le place, déjà, à portée de l’histoire.

