Lecture: Procès à Digne-les-Bains : des textos accablants au cœur du dossier Guillaume B.

Procès à Digne-les-Bains : des textos accablants au cœur du dossier Guillaume B.

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Au quatrième jour du procès de Guillaume B. à Digne-les-Bains, la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence s’est arrêtée pendant plus d’une heure sur des messages échangés entre l’accusé et Laëtitia R. Les textos, lus à haute voix par la présidente, ont placé au centre de l’audience la violence des mots employés et la façon dont ils éclairent le dossier jugé depuis son ouverture, le 18 mai 2026.

Guillaume B. est jugé pour proxénétisme aggravé, viols aggravés et actes de torture et de barbarie sur son ex-compagne. À la barre, la présidente a égrené des phrases d’une brutalité sèche: « Tu n’es qu’un vide-couille à mes yeux », « j’ai envie que tu aies peur, qu’ils te traumatisent tous », « je veux que tu me demandes pour tout », « je te rappelle que tu es à mon service, que tu n’es qu’une grosse merde ». Après cette lecture, elle a demandé: « Ça veut pas dire non ça ? »

Ces échanges n’ont pas seulement exposé la domination verbale alléguée dans ce procès. Ils ont aussi fait entendre la voix de Laëtitia R. elle-même, dans des messages où elle écrit: « Je stresse pour aujourd’hui », « J’ai vomi », « Je regarde toutes les putes sur le bord des routes, pas parce que ça me plaît, parce que ça me fait peur » et « Je veux tout arrêter je suis fatiguée de tout ça ». La salle a été éprouvée par cette lecture, au point que Laëtitia et ses enfants ont quitté l’audience à certains moments.

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Face à ces textes, Guillaume B. a d’abord parlé de propos « édifiants ». Il a ensuite déclaré: « Je m’excuse auprès de Laëtitia d’avoir écrit tout ça. Je me sens coupable d’avoir participé à des jeux de prostitution ». Il a aussi soutenu que les preuves écrites ne reflétaient pas toute la réalité de leurs discussions à l’époque, et affirmé avoir travaillé sur lui pendant ses quatre années de détention avant le procès. Les experts décrivent chez lui certaines caractéristiques de personnalité psychopathique, un élément qui pèse sur la lecture de sa défense comme sur l’appréciation des faits par les jurés.

La suite de l’après-midi a été suspendue pour permettre le visionnage des vidéos et photos du dossier, mais pas devant toute la salle. La présidente a souhaité réserver cet examen à la victime, à l’accusé, à leurs avocats et aux jurés, en invoquant « la dignité humaine » de Laëtitia. Ce choix dit beaucoup de l’équilibre recherché par la cour: montrer les pièces les plus dures sans transformer l’audience en exposition supplémentaire de l’intime. Dans ce procès, la question n’est plus seulement de savoir ce qui a été écrit, mais ce que ces mots et ces images disent de la relation jugée à Digne-les-Bains.

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