La Commission européenne a averti que la prolongation du conflit au Moyen-Orient pourrait rendre les vacances plus chères, alors que la fermeture de facto du détroit d’Ormuz a déjà considérablement réduit les exportations d’énergie par voie maritime. Dans le même temps, Bruxelles a publié un guide pour rappeler aux passagers leurs droits et obligations à l’égard des compagnies aériennes, des intermédiaires et des organisateurs de voyages.
Le choc se ferait sentir bien au-delà du transport aérien. La hausse des coûts du kérosène et du carburant touche aussi le transport routier, les trains, les navires et les voyagistes, ce qui peut peser sur les prix finaux des séjours cet été. Eduardo Santander a résumé le tableau avec une formule directe: « L'Europe est comme l'or, une valeur refuge ». Il a aussi estimé que « 85 % du tourisme en Europe est européen et cela nous protège beaucoup ».
Le guide européen rappelle surtout aux voyageurs qu’ils ont droit à des informations claires, au remboursement, au réacheminement et à l’assistance. En cas d’annulation de vol, le passager peut choisir entre le remboursement, le réacheminement ou le retour au point de départ. Si l’annulation survient moins de 14 jours avant le départ, la compagnie aérienne doit verser une indemnité, sauf circonstances extraordinaires ou solution de remplacement en temps utile.
Bruxelles précise toutefois qu’une pénurie locale de carburant qui empêche un vol d’être assuré peut être considérée comme une circonstance extraordinaire, alors qu’une hausse exceptionnelle du prix du carburant n’exonère pas la compagnie de ses obligations. Les compagnies aériennes ne peuvent pas non plus augmenter rétroactivement le prix d’un billet déjà acheté au motif que le carburant est devenu plus cher, et le prix final doit être clair dès le début du processus de réservation.
Les règles sont un peu différentes pour les vacances à forfait. Si le contrat le prévoit et si la hausse est directement liée au coût du carburant, le prix peut augmenter. Jusqu’à 8 %, le voyageur n’est pas tenu d’accepter. Au-delà, il peut soit accepter la hausse, soit annuler sans pénalité. Toute augmentation doit être annoncée au moins 20 jours avant le départ, avec justification et calcul détaillé.
Pour Santander, les conséquences se feront surtout sentir dans les habitudes de voyage. Il a dit que les gens voyageraient probablement plus près de chez eux cet été, une évolution qui profiterait à l’Europe alors même que le carburant reste un facteur de tension sur les tarifs. Les voyageurs n’en ont pas moins intérêt à lire les conditions avant de payer: « Nous acceptons généralement toutes les conditions sans les lire attentivement. Vous devez savoir si vous pouvez annuler, si vous serez remboursé ou non », a-t-il déclaré.

