Lecture: Giorgia Meloni demande à l’UE d’assouplir ses règles budgétaires sur l’énergie

Giorgia Meloni demande à l’UE d’assouplir ses règles budgétaires sur l’énergie

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a demandé lundi 18 mai à l’ d’assouplir ses règles budgétaires afin d’aider les États membres à faire face à la hausse des prix de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Dans une lettre adressée à la présidente de la , , la cheffe du gouvernement italien a estimé que les investissements et les mesures extraordinaires nécessaires pour répondre à la crise énergétique devraient être exclus du pacte de stabilité et de croissance.

Ce pacte encadre les finances publiques des Vingt-Sept en fixant une limite de 60 % du PIB pour la dette et de 3 % du PIB pour le déficit. Meloni a soutenu que l’exception déjà accordée par l’UE pour les dépenses de défense devrait être étendue aux mesures destinées à limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie. Elle a aussi écrit que la crise au Moyen-Orient et les tensions dans le détroit d’Ormuz ont déjà un effet très grave et souvent asymétrique sur les prix de l’énergie. Le détroit a longtemps été une artère majeure du pétrole mondial, transportant auparavant un cinquième de l’approvisionnement planétaire.

Le message intervient alors que l’Italie reste lourdement dépendante des importations d’énergie, surtout du gaz, et compte parmi les pays de l’UE les plus exposés à la flambée des prix. Depuis le début de la guerre, le gouvernement italien a multiplié les efforts pour diversifier ses approvisionnements, notamment auprès de l’Algérie et de l’Azerbaïdjan, tout en réduisant les accises sur les carburants pour tenter de freiner le coût de l’essence et du diesel. Le mois dernier, Rome a légèrement abaissé ses prévisions de croissance pour 2026 et 2027 à 0,6 %, tout en confirmant que son déficit public restait au-dessus du seuil européen de 3 % du PIB en 2025. L’Italie a indiqué que ce déficit était de 3,1 % l’an dernier et qu’il devrait reculer à 2,9 % en 2026.

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La demande de Meloni s’inscrit dans un débat plus large sur la marge de manœuvre budgétaire en période de choc. L’Union européenne peut suspendre ses règles en circonstances exceptionnelles, comme elle l’a fait pendant la pandémie de coronavirus, mais a dit au début d’avril qu’une telle suspension n’est possible qu’en cas de crise économique sévère dans l’ensemble de l’Union européenne ou de la zone euro. En février 2025, avait déjà qualifié les règles de déficit de la zone euro de « caduques », signe que la contestation du cadre budgétaire s’étend au-delà de Rome.

Pour l’heure, la bataille se joue sur une question simple: si l’Europe veut protéger ses économies des secousses venues du Moyen-Orient, elle devra dire jusqu’où elle est prête à assouplir sa discipline budgétaire.

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