Le Figaro a publié une chronique d’Eugénie Bastié consacrée à Tugdual Denis, dans laquelle le directeur de Valeurs actuelles apparaît moins comme le porteur d’un manifeste que comme l’auteur d’un récit sur ses origines. Le texte accompagne la parution de La Cendre et le Feu, chez Robert Laffont, et présente Denis comme un visage singulier de la droite dite « hors les murs ».
Dans cette chronique, Denis raconte la droite comme une mémoire, un milieu, un stigmate et peut-être une promesse de réconciliation. L’homme qui dirige Valeurs actuelles s’inscrit ainsi dans ce que Patrick Buisson avait appelé, à une date antérieure non précisée, la droite « hors les murs », c’est-à-dire une famille politique qui ne se réduit pas à ses appareils ni à ses labels officiels.
Le portrait insiste sur une enfance passée dans une famille de six enfants, dans les banlieues ouest de Paris, et sur une filiation qui passe d’abord par un environnement social plus que par une généalogie idéologique. C’est là que le livre prend sa force: il ne cherche pas à poser une doctrine, mais à dire d’où vient celui qui écrit aujourd’hui depuis la droite et sur la droite.
La chronique souligne aussi une formule qui résume cette trajectoire: « c’est la gauche qui me rend de droite ». Dans le même mouvement, Denis parle de lui avec des expressions qui ancrent son récit dans une mémoire générationnelle, comme « le petit fils d'Allaire » ou encore « nom qui dit quelque chose à ma génération...DBP notament ! ». Ces phrases donnent au livre une tonalité très personnelle, presque familiale, loin du vocabulaire abstrait qu’on associe souvent aux essais politiques.
Ce choix de ton n’efface pas le paradoxe central du portrait. Denis est présenté comme l’une des figures de cette droite qui veut sortir des catégories habituelles, mais il le fait depuis un poste de direction dans un hebdomadaire bien identifié du débat politique français. Autrement dit, il parle depuis l’intérieur d’un monde qu’il décrit aussi comme périphérique, ce qui donne à son récit une ambiguïté que la chronique ne cherche pas à dissiper.
Le livre, publié chez Robert Laffont, s’inscrit donc dans une droite racontée à hauteur d’homme, à travers les souvenirs, les appartenances et les blessures plus que par la théorie. Ce que la chronique de Le Figaro met en avant, au fond, c’est que Tugdual Denis ne cherche pas seulement à dire ce qu’est la droite hors les murs. Il raconte pourquoi elle lui ressemble.
