Lecture: Air France et Airbus attendent le verdict en appel dans le dossier du vol AF447

Air France et Airbus attendent le verdict en appel dans le dossier du vol AF447

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La cour d'appel de Paris rend jeudi sa décision dans le procès pour homicides involontaires visant et , dix-sept ans après la disparition du vol AF447 Rio-Paris au-dessus de l'Atlantique. En première instance, les deux groupes avaient été relaxés.

Le 1er juin 2009, l'Airbus A330 immatriculé F-GZCP, parti de Rio de Janeiro vers Paris, s'est abîmé en pleine nuit quelques heures après son décollage. Les 228 personnes à bord, soit 216 passagers et 12 membres d'équipage, ont péri, dans ce qui reste l'accident le plus meurtrier de l'histoire des compagnies françaises.

Ce dossier revient devant les juges après deux mois de procès à l'automne, au terme desquels le ministère public a requis fin novembre la condamnation d'Air France et d'Airbus. En tant que personnes morales, les deux sociétés encourent une amende maximale de 225.000 euros, mais le symbole judiciaire dépasse de loin le montant.

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Le vol transportait des passagers de 33 nationalités, dont 72 Français et 58 Brésiliens. Pour les familles, cette audience a ravivé une attente qui dure depuis des années, avec l'espoir que la justice dise enfin si les défaillances reprochées aux deux entreprises ont joué un rôle dans la catastrophe.

Les boîtes noires ont confirmé le point de départ de l'accident avec le givrage des sondes Pitot, alors que l'appareil volait à haute altitude dans la zone météo difficile du Pot au noir, près de l'équateur. Le parquet général soutient que les fautes d'Airbus et d'Air France ont concouru de façon certaine à la survenance du crash aérien.

L'accusation reproche à Airbus d'avoir sous-estimé la gravité des défaillances des sondes Pitot équipant l'avion et de ne pas avoir assez informé les équipages des sociétés exploitantes. Air France est, elle, mise en cause pour un défaut de formation sur la procédure à suivre en cas de gel des sondes Pitot et des dysfonctionnements qui en résultent, ainsi que pour un défaut d'information des équipages sur la détection de ce gel.

Les deux groupes contestent toute responsabilité pénale. À l'audience, un représentant d'Airbus a soutenu que « les facteurs humains ont été pré-déterminants », tandis que , partie civile, a dénoncé une défense qui, selon lui, n'a apporté « rien » de réconfortant. Il a aussi estimé que la condamnation « jettera l'opprobre, un discrédit sur ces deux compagnies » et qu'elle « doit résonner comme un avertissement ».

Pour les proches des victimes, le verdict attendu jeudi ne refermera pas un drame qui a commencé dans la nuit du 1er juin 2009. Mais il dira si la justice française retient, enfin, que ce crash n'a pas été seulement une catastrophe aérienne, mais aussi l'addition de manquements que la cour d'appel doit désormais trancher.

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