Lecture: Viande : l’UE durcit sa liste et met le Brésil au bord de l’exclusion

Viande : l’UE durcit sa liste et met le Brésil au bord de l’exclusion

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L’Union européenne a voté le 12 mai une mise à jour de la liste des pays tiers autorisés à exporter des produits animaux vers le marché européen, et le Brésil n’y figure pas. Si rien ne change d’ici au 3 septembre, le pays ne pourra plus exporter vers l’UE de la viande bovine, de la viande de cheval, de la volaille, des œufs, des produits d’aquaculture, du miel et des intestins.

Cette échéance place la filière viande brésilienne dans une position délicate au moment où le calendrier européen se resserre. La liste actualisée doit entrer en vigueur le 3 septembre, ce qui laisse quelques semaines à Brasilia pour éviter une rupture commerciale sur des produits sensibles pour son agro-industrie.

La dit avoir travaillé étroitement avec les autorités brésiliennes sur ce dossier et vouloir poursuivre les échanges afin d’obtenir leur mise en conformité avec les exigences de l’Union. Une fois cette conformité démontrée, l’UE pourra autoriser les exportations. Autrement dit, le Brésil n’est pas définitivement exclu, mais il doit encore convaincre Bruxelles qu’il respecte les règles sanitaires attendues.

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Le dossier repose sur une question de conformité aux restrictions européennes sur l’usage des antibiotiques, destinées à limiter l’émergence de résistances antimicrobiennes. Le Brésil a publié le 27 avril un arrêté interdisant l’importation, la fabrication, la commercialisation et l’utilisation d’additifs de performance pour le bétail contenant plusieurs antimicrobiens, dont la virginiamycine, utilisée dans les élevages bovins, porcins et avicoles. Cette mesure aligne le Brésil sur les exigences européennes, mais elle arrive tard dans la séquence administrative qui a conduit au vote du 12 mai.

Cette chronologie explique pourquoi le Brésil apparaît comme une absence majeure sur la liste révisée si la situation reste inchangée. Le moment est d’autant plus sensible que la mesure intervient juste après l’entrée provisoire en vigueur de l’accord commercial UE-Mercosur, ce qui donne au dossier une portée qui dépasse la seule question sanitaire.

À Paris, la a réclamé la suspension immédiate des importations de viandes brésiliennes, ainsi que le retrait de l’application provisoire de l’accord avec le Mercosur et son annulation définitive. Sa prise de position traduit une inquiétude plus large chez les éleveurs européens, qui voient dans ce type d’autorisation un test de la fermeté sanitaire de l’Union et de la cohérence de sa politique commerciale.

Le point de friction est désormais clair: Bruxelles dit vouloir continuer à discuter avec le Brésil pour obtenir la conformité, tandis que le secteur bovin français pousse à couper court aux importations. Si le 3 septembre arrive sans accord, la viande brésilienne et plusieurs autres produits perdront l’accès au marché européen. Si Brasília apporte la preuve attendue, l’Union pourra rouvrir la porte.

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