Christine Fréchette a rencontré Emmanuel Macron lundi à Paris, au moment même où, à Montréal, la Journée nationale des Patriotes servait de tribune aux chefs de l’opposition pour commenter cette sortie diplomatique. La ministre a été reçue dans le cadre d’un déplacement que Québec présente comme un pas de plus dans son rayonnement à l’international.
Sur le terrain, les réactions ont été immédiates. Ruba Ghazal a dit que le fait de ne pas laisser Ottawa parler au nom du Québec est une bonne chose, tout en ajoutant que le Québec ne pourra jamais défendre ses intérêts aussi bien qu’il le devrait tant qu’il restera une province et non un pays. Pour la porte-parole solidaire, la rencontre avec Macron rappelle surtout les limites du cadre fédéral quand vient le temps de faire entendre la voix québécoise à l’étranger.
Catherine Gentilcore a, elle aussi, pris la parole lors de la marche de la Journée nationale des Patriotes à Montréal. La députée péquiste a rappelé que son parti réclame depuis des années une présence diplomatique accrue du Québec à l’étranger. Elle a toutefois jugé le moment choisi particulier, puisque le voyage survient à la fin du mandat de la CAQ, avec seulement quelques mois devant le gouvernement pour concrétiser les engagements qu’il s’était donnés envers les Québécoises et les Québécois. Gentilcore a aussi dit qu’il n’était pas encore clair si le déplacement de Fréchette mènerait à des annonces ou à des retombées concrètes.
Jean-François Roberge a défendu la démarche en soutenant que le voyage visait d’abord à renforcer les alliances du Québec sur la scène internationale. Il a dit que le Québec avait besoin d’alliés dans le contexte actuel avec les Américains, ajoutant que les États-Unis n’étaient plus les amis de la province. Le ministre a aussi insisté sur la nécessité de développer des marchés ailleurs qu’aux États-Unis, dans le reste du Canada et en Europe.
Au fond, la visite de Paris met en lumière une double lecture du même geste: pour la CAQ, il s’agit d’une démarche stratégique pour donner plus de poids au Québec; pour ses adversaires, elle arrive tard dans le mandat et risque de n’aboutir qu’à des effets limités. La suite dira si le déplacement de Fréchette se traduira par des gains tangibles ou s’il restera surtout comme un signal politique envoyé à la veille de la fin de la législature.

