Bally Bagayoko a décroché le portrait officiel d’Emmanuel Macron de la mairie de Saint-Denis, un geste qu’il présente comme une protestation contre les inégalités sociales. Le maire de Saint-Denis, en poste depuis quelques semaines, a assumé ce choix au moment où la polémique a pris de l’ampleur.
À la mairie, Bagayoko a balayé les critiques d’une formule sèche: « C’est un non-sujet ». Mais le préfet de son département l’a rappelé publiquement à l’ordre quelques jours avant la publication de l’article, signe que l’affaire dépasse la simple provocation locale.
Saint-Denis compte 150 000 habitants et se trouve en banlieue parisienne, dans le département le plus pauvre de France. Issu de la gauche radicale, Bagayoko a ainsi touché à un symbole installé dans presque toutes les mairies du pays: le portrait officiel du président de la République.
Le retrait de cette image n’est pas seulement un geste de mairie. Il s’inscrit dans un climat de division politique à l’approche de la prochaine présidentielle, où chaque signal envoyé depuis une ville comme Saint-Denis prend une portée nationale. Et c’est bien là que le dossier se joue: dans la confrontation entre un élu qui veut faire de ce portrait un symbole d’inégalités et un État qui lui rappelle qu’en France, ce symbole ne disparaît pas sans réaction.

