Lecture: Rapport Hite : comment Shere Hite a brisé le tabou de la sexualité

Rapport Hite : comment Shere Hite a brisé le tabou de la sexualité

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En 1976, a envoyé un questionnaire anonyme sur la sexualité à des dizaines de milliers d’Américaines, en espérant recueillir une parole que l’époque laissait rarement sortir du silence. Cinq ans plus tard, son rapport Hite, bâti sur environ 3 000 réponses, allait faire scandale avant de devenir un immense best-seller.

Hite avait déjà compris le terrain bien avant cette enquête. En 1968, alors qu’elle étudiait l’histoire à Columbia, elle savait que son sujet de prédilection, la sexualité, n’était pas bienvenu à l’université. Pour financer ses études, elle a travaillé comme mannequin. Dans une Amérique des années 1970 encore largement puritaine, cette jeune femme a choisi d’interroger directement celles que la société attendait de voir discrètes. « On attendait des femmes qu’elles ne se fassent pas remarquer ! », dira-t-elle plus tard, résumant à elle seule le climat contre lequel elle s’est heurtée.

Le livre qui a suivi a déplacé la conversation publique. Publié après cinq ans de collecte et d’analyse, il a été placé aux côtés des travaux pionniers d’, puis de et , comme une étape majeure de la sexologie moderne. Le choc venait de là: Hite ne se contentait pas de parler de sexualité féminine, elle montrait que les femmes pouvaient la décrire elles-mêmes, sans filtre, sans autorisation et sans se plier au regard masculin.

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Le scandale qu’a provoqué le livre n’a pas empêché son succès, au contraire. Il a rendu visible un vide que l’époque préférait ignorer: la parole des femmes sur leur propre corps. Le rapport Hite reste ainsi lié à une rupture précise, celle d’une chercheuse qui a choisi de poser une question que beaucoup jugeaient indécente, puis d’écouter ce que des milliers d’Américaines avaient à dire.

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