Les Canadiens de Montréal joueront leur saison lundi soir au KeyBank Center, à Buffalo, dans un match no 7 contre les Sabres après avoir laissé filer le no 6 8-3 au Centre Bell samedi. La série est égale 3-3, et les deux clubs iront se battre une dernière fois avec tout à décider.
Martin St-Louis n’a pas tenté de vendre l’idée d’un avantage ou d’un désavantage lié au retour à Buffalo. « Je sais pas si c’est un avantage ou un désavantage que d’aller là-bas pour le septième match », a-t-il dit dimanche, avant le départ de l’équipe. Il a ajouté qu’« il va falloir disputer un bon match », une phrase simple pour une situation qui ne l’est pas.
Phillip Danault, lui, a vu dans ce voyage un terrain presque favorable pour le Tricolore. « Un match numéro 7 sur la route, dans le cas présent, c’est presque un avantage », a-t-il dit, en rappelant que les Canadiens affichent une fiche de 2-4 à la maison et de 5-2 sur la route depuis le début des séries. Il a aussi souligné que Montréal n’a pas perdu deux matchs de suite depuis la mi-mars, un détail qui nourrit l’idée que l’équipe a encore un réflexe de survie quand la pression monte.
Ce n’est pas le portrait habituel d’une équipe qui cherche son salut à l’étranger. Les Sabres ont gagné le match 1 à domicile et ont ensuite perdu les matchs 2 et 5 au KeyBank Center par un total de 11-4, tandis que les Canadiens ont remporté le match 3 au Centre Bell avant de perdre les deux suivants à la maison. La glace n’a donc pas eu le poids qu’on lui prête souvent dans une série éliminatoire.
Danault a d’ailleurs insisté sur ce point en rejetant l’idée que l’atmosphère du Centre Bell soit la cause des ratés de Montréal. « C’est une série vraiment égale; contre Tampa Bay, je trouvais qu’on avait le dessus pendant toute la série, mais là, c’est pas mal égal, les deux équipes sont très similaires », a-t-il dit. Il a ajouté: « On ne perd pas au Centre Bell à cause de la pression de la foule. » Et encore: « La foule a de l’énergie, et on veut qu’elle en apporte, et ç’a adonné juste comme ça. »
La vraie friction de cette série tient peut-être là: l’avantage de la patinoire, longtemps présenté comme un filet de sécurité, n’a rien garanti pour les Canadiens, ni à Montréal ni à Buffalo. Les Sabres ont montré qu’ils pouvaient prendre un match chez eux, puis s’éteindre, pendant que les Canadiens ont alterné entre des soirées convaincantes à l’extérieur et des passages plus fragiles au Centre Bell.
Danault a résumé l’écart entre le confort attendu à domicile et la réalité de cette série avec une autre phrase qui sonne comme un aveu plus que comme une excuse: « Il y a peut-être un peu de manque de maturité de notre part là-dedans, sur le fait de ne pas être capables de fermer les livres à la maison. » Lundi soir à Buffalo, les Canadiens n’auront plus à parler de théorie. Ils devront montrer s’ils peuvent vraiment finir ce qu’ils commencent.

