Les Saguenéens de Chicoutimi ont pris les devants 3-2 dans la finale de la LHJMQ après leur victoire à Moncton vendredi, et ils rentrent maintenant à la maison avec une chance de mettre fin à la série dimanche soir au Centre Georges-Vézina. La salle devait accueillir 4 820 spectateurs pour ce rendez-vous où le trophée Gilles-Courteau était déjà sur place.
Le match de dimanche promettait de prolonger une finale qualifiée de palpitante, au point de ne laisser absolument personne indifférent. Chicoutimi affrontait les Wildcats de Moncton, champions en titre, dans un contexte où chaque avance semble fragile et chaque retour possible. Yanick Jean, qui dirige les Saguenéens, retrouvait ainsi une équipe menée par Gardiner MacDougall et portée par l’expérience d’une fin de parcours disputée au couteau.
Le poids de l’instant dépasse toutefois la seule finale de 2025. Jean avait déjà vécu une séquence semblable en 2013, lorsqu’il coachait les Tigres de Victoriaville et que sa formation avait éliminé Moncton en cinq matchs au premier tour. Le 26 mars de cette année-là, Alex Saulnier avait donné aux Wildcats une avance de 5-1 à 7 min 16 du troisième tiers dans le match 3, avant que Philippe Hudon ne réplique 19 secondes plus tard. Hudon avait ensuite inscrit trois buts dans la troisième période, égalisé 5-5 avec 25 secondes à jouer, puis Philippe Maillet avait complété la remontée en prolongation.
La finale actuelle rappelle aussi un autre effondrement qui colle à Moncton depuis ce printemps. Le 18 avril 2025, les Wildcats menaient 4-0 à l’entrée du troisième vingt du match 5 à Baie-Comeau, avant que le Drakkar n’égalise avec quatre buts en moins de dix minutes. Preston Lounsbury avait redonné l’avance à Moncton 19 secondes après ce but égalisateur, avec Rudy Guimond devant le filet des Wildcats et Lucas Beckman dans celui du Drakkar. Cette séquence, comme celle de vendredi à Moncton et la reprise de Chicoutimi, nourrit une même impression: cette équipe avance souvent au bord du vide, mais elle avance quand même.
Au match 5 de la finale contre Chicoutimi, les Wildcats avaient pourtant pris une avance rapide de 4-0 après 35 minutes et avaient converti dix chances pour se forger ce coussin. C’est précisément ce contraste qui donne à cette série sa force dramatique. Dimanche, les Saguenéens jouent non seulement pour une victoire, mais pour un titre qui, selon la source, n’aurait pas été célébré à Chicoutimi depuis 1994. Moncton, champion en titre, joue pour prolonger une finale devenue une suite de reprises et de retournements. Chicoutimi, lui, joue pour conclure l’histoire chez lui, devant une salle pleine et un trophée déjà en vue.

