Une rondelle a dévié sur une tige près des portes de la Zamboni mardi soir au Centre Bell, a glissé derrière Jakub Dobes et a donné aux Sabres le but qui a ramené le score à 2 à 2 contre le Canadien. Le tir de Tage Thompson visait simplement à placer la rondelle en fond de territoire du Canadien en supériorité numérique, mais le rebond a tout changé d’un coup.
Le but a fini par peser lourd dans la victoire éventuelle de Buffalo, et il a relancé une vieille conversation sur un coin de patinoire que les gens de métier considèrent comme l’un des plus délicats. Patrick Couture et Yanick Beauchemin ont tous deux identifié l’endroit, près des portes de la Zamboni, comme la source du rebond capricieux qui a trompé Dobes.
Ce détail compte parce qu’il ne s’agit pas d’un simple hasard malheureux pour un gardien. Les portes de la Zamboni sont munies de pentures et d’un loquet de fermeture, et une tige d’aluminium solidifie la baie vitrée à cet endroit. Mais ces portes ouvrent souvent durant un match, ce qui fait que les panneaux de la baie vitrée ne sont pas solidifiés dans les joints supérieurs comme les autres. Autrement dit, ce coin travaille différemment du reste de la glace.
Couture, qui connaît ce type de ricochet mieux que la plupart des observateurs, a résumé la chose sans détour: « Les portes de la Zamboni, c’est toujours l’endroit critique autour d’une patinoire ». Il a aussi expliqué que la fermeture reste toujours problématique, car il peut y avoir de l’accumulation de glace ou de neige sur la surface et dans le mécanisme des portes. « Le gel et le dégel, le chaud et le froid peuvent faire en sorte qu’elles ferment mal. Une petite différence de rien et la rondelle dévie », a-t-il dit.
Beauchemin a tenu un discours semblable et a insisté sur la fragilité de cette zone dans tous les amphithéâtres. « C’est l’endroit le plus vulnérable de la patinoire. C’est l’enjeu dans tous les arénas, que ce soit à Montréal, Buffalo ou Tampa Bay », a-t-il dit, ajoutant: « À cet endroit problématique, il faudrait une pièce à la jonction ». Pour lui, le coin des portes de la Zamboni est un point de rupture connu, pas une anomalie isolée.
Couture dit avoir déjà vu un scénario semblable en 1998, pendant les séries de ses Remparts de Québec contre l’Océanic de Rimouski dans la LHJMQ. L’épisode prend une autre couleur avec le rappel que Vincent Lecavalier était alors conseiller spécial du Canadien et s’alignait chez l’Océanic à cette époque. Le souvenir montre surtout qu’un détail de construction peut revenir hanter une équipe des années plus tard, au même endroit ou presque.
Le score canadien a donc été renversé mardi par une action qui n’avait, à première vue, rien d’exceptionnel: un tir en supériorité numérique, une tige, puis une rondelle devenue imprévisible. Mais le jeu a mis en lumière une faiblesse bien connue des personnes qui travaillent autour des glaces. Et tant que ce coin restera aussi exposé, le prochain rebond gênant n’aura rien d’impossible.

