La PWHL a annoncé cette semaine deux nouvelles équipes d’expansion à Hamilton et à Las Vegas, portant la ligue à 11 clubs et confirmant une trajectoire qui a surpris jusque dans ses propres rangs. Les deux formations prendront part au repêchage de 2026 et commenceront à jouer lors de la saison 2026-2027.
Pour Hamilton, le signal le plus convaincant est venu bien avant l’annonce. Un match Seattle-Toronto disputé dans la ville, en début janvier, a attiré plus de 16 000 spectateurs, assez pour persuader les dirigeants que le marché avait sa place dans la ligue. Hamilton jouera au TD Coliseum, une enceinte exploitée par Oak View Group, l’entreprise de Tim Leiweke, et récemment rénovée à hauteur de 300 millions de dollars.
Jayna Hefford, qui aide à piloter la montée en puissance de la ligue, a dit que l’élan était bien réel et que la PWHL n’aurait probablement pas anticipé une croissance et un succès aussi rapides au moment du lancement. Le commentaire résume le virage pris par une organisation née en 2023 avec six équipes seulement — Toronto, Montréal, Ottawa, Boston, New York et Minnesota — et désormais installée dans un marché bien plus large.
La décision de retenir Hamilton s’appuie aussi sur une lecture très concrète du territoire. La ville a devancé Edmonton, Calgary, Winnipeg, Québec et Halifax pour obtenir la place canadienne, un résultat qui souligne le poids du Golden Horseshoe dans le calcul de la ligue. Hefford a indiqué que 15 % de la PWHL vient de cette région, un chiffre qui aide à expliquer pourquoi Hamilton a fini par s’imposer.
Las Vegas entre, elle aussi, dans un environnement déjà saturé de sports majeurs. La nouvelle équipe jouera au T-Mobile Arena et sera soutenue en partie par les Golden Knights de la LNH, un appui qui donne à la franchise une base immédiate dans une ville habituée aux grands événements. Là encore, la ligue ne part pas de zéro: elle mise sur un marché où le sport féminin peut s’installer au milieu d’une concurrence déjà dense.
Cette double annonce arrive après une année de forte sollicitation. La PWHL a reçu plus de deux douzaines de propositions d’expansion l’an dernier, puis a choisi Vancouver et Seattle avant d’ajouter Detroit plus tôt ce mois-ci pour la saison 2026-2027. À eux seuls, ces mouvements montrent à quelle vitesse la ligue est passée du statut de nouvel arrivant à celui d’acteur capable de sélectionner ses marchés.
Les signaux venus des villes retenues ont aussi pesé lourd. Le PWHL Takeover Tour à Hamilton a été décrit comme un énorme succès, et le circuit a joué 16 matchs dans 11 marchés. Seattle et Vancouver ont d’ailleurs terminé première et deuxième de la ligue pour l’assistance totale lors de leurs saisons inaugurales, ce qui a renforcé l’idée que les nouveaux marchés pouvaient produire plus qu’un simple effet de nouveauté.
Il reste pourtant un contraste dans la manière dont la ligue distribue ses paris. Calgary avait attiré une fréquentation plus élevée pour son match du Takeover Tour que celle attendue à Hamilton au moment où le texte a été interrompu, ce qui rappelle que les audiences ponctuelles ne disent pas tout sur la valeur d’un marché à long terme. La PWHL a choisi Hamilton malgré cela, signe qu’elle lit désormais ses villes avec une vue plus large que le seul chiffre du jour.
Dans l’immédiat, la prochaine étape est déjà fixée: la préparation du repêchage de 2026, puis l’arrivée sur la glace en 2026-2027. Si la ligue poursuit au même rythme, la vraie question n’est plus de savoir si elle peut s’étendre, mais jusqu’où elle peut continuer à le faire sans perdre la force qui a rendu cette expansion possible.
