Au sommet Canada–États-Unis de Toronto, jeudi, l’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, a dit aux participants que Washington a « énormément de besoins » et qu’Ottawa devait entrer en « mode commercial » dans les discussions en cours. Il a soutenu que, lorsque Donald Trump affirme que les États-Unis n’ont besoin de rien du Canada, le président cherche en réalité des façons de collaborer.
La formule vise le cœur des pourparlers sur l’ACEUM, alors que le Canada et le Mexique tentent d’obtenir une prolongation de 16 ans et que la Maison Blanche laisse entendre qu’elle ne veut pas simplement reconduire le texte à l’identique. Pour les entreprises qui suivent les négociations de près, la question n’est plus seulement de savoir si l’accord survivra à l’échéance de juillet, mais sous quelle forme il le fera.
Hoekstra a demandé aux Canadiens de plaider que travailler avec eux est dans l’intérêt des États-Unis. Il a aussi dit que certains Canadiens n’apprécient peut-être pas la manière dont Trump parle, mais que le ton du président ne doit pas masquer la recherche d’un terrain d’entente. Dans le même temps, Dominic LeBlanc a décrit jeudi une voie plus nuancée, en disant qu’il s’attend à voir des accords bilatéraux entre le Canada et les États-Unis, ainsi qu’entre les États-Unis et le Mexique, avancer en parallèle du cadre trilatéral.
Le ministre canadien a ajouté que si ces ententes règlent les problèmes que les trois pays tentent de résoudre, il espère que l’accord pourra ensuite être prolongé. Il s’est dit optimiste après sa rencontre, la semaine précédente, avec le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, à Washington, et a indiqué qu’ils sont restés en contact et se reverront en marge du G7 en France.
La friction est là, et elle est nette: Trump a dit mercredi qu’il « ne cherche pas à renouveler » l’ACEUM, tandis que des membres de son administration, Hoekstra compris, suggèrent qu’un retrait immédiat ne devrait pas se produire. Si Washington laisse passer la date limite de juillet, l’accord restera en vigueur sous un examen annuel renouvelable jusqu’à 10 ans; un président peut aussi donner un préavis de six mois pour signaler un retrait. Pour l’instant, les propos de Toronto donnent l’image d’une négociation qui ne s’effondre pas, mais qui se durcit à mesure que chacun teste la ligne de l’autre.
Last month, Mark Carney said at the Economic Club of New York that a strong Canada makes America great.

