Wall Street a reculé vendredi après un rapport sur l’emploi américain de mai plus robuste qu’attendu, tandis que les rendements obligataires américains montaient, signe que les marchés ont rapidement effacé l’idée d’un soutien monétaire plus souple. À 13h50 GMT, le Nasdaq perdait 1,43 %, le S&P 500 0,90 % et le Dow Jones 0,37 %.
Le choc du jour vient d’un chiffre précis: les États-Unis ont créé 172 000 emplois nets en mai, au-dessus des 105 000 anticipés par les investisseurs, et le taux de chômage est resté à 4,3 %. Neil Wilson a estimé que ces données venaient étayer l’argument en faveur d’un abandon de la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale lors de sa prochaine réunion.
Les marchés réagissent aussi parce que ce rapport arrive juste avant la réunion de la Fed des 17 et 18 juin, la première pour son nouveau président, Kevin Warsh, dont la nomination a été proposée par Donald Trump. Depuis juillet 2025, le chômage américain est resté dans une fourchette étroite entre 4,3 % et 4,5 %, ce qui laisse peu de place à l’idée d’un ralentissement net de l’économie.
La pression s’est d’abord traduite sur la dette américaine: le rendement du Treasury à deux ans est monté à 4,13 %, contre 4,05 % la veille, et celui à dix ans à 4,52 %, contre 4,47 % jeudi soir. Dans le même temps, les marchés européens tenaient davantage, avec Paris en hausse de 0,02 % et Milan de 0,31 %, alors que Francfort reculait de 0,40 % et Londres de 0,41 %.
Ce décalage compte, car il montre que le stress provoqué par les données américaines ne s’est pas propagé avec la même force de part et d’autre de l’Atlantique. Sur le front de l’énergie, les cours du Brent ont cédé 0,58 % à 94,48 dollars le baril et le WTI 1,14 % à 91,98 dollars, mais le marché reste attentif à la hausse récente du pétrole liée au conflit au Moyen-orient, un facteur qui complique encore la lecture de l’inflation pour la Fed.
Pour les investisseurs, la question immédiate n’est donc pas seulement de savoir si l’économie américaine reste solide, mais si elle laisse encore à la banque centrale la marge pour desserrer le frein plus tard cette année. Le prochain test arrive vite: les 17 et 18 juin diront si la Fed choisit de tenir bon face à un marché du travail qui continue de surprendre par sa vigueur.

