Christine Fréchette doit annoncer mardi, à Longueuil, une entente de financement des infrastructures avec Ottawa, et Mark Carney doit l’accompagner. Dans l’intervalle, Paul St-Pierre Plamondon a choisi d’attaquer le fond politique du dossier en affirmant que la « machine fédérale » travaille à prévenir l’élection d’un gouvernement indépendantiste au Québec.
Ce rendez-vous n’arrive pas dans le vide. Il tombe à quelques mois de la prochaine élection québécoise, au moment où chaque geste entre Québec et Ottawa est relu à travers le prisme de la campagne qui s’approche. L’accord annoncé doit toucher le financement des infrastructures, y compris par le Fonds pour le transport en commun du Canada, ce qui suffit à en faire bien plus qu’une simple annonce technique.
St-Pierre Plamondon va plus loin en soutenant que le fédéral veut imposer des conditions et choisir à la place de l’Assemblée nationale dans des champs de compétence du Québec. Il dit aussi que le gouvernement québécois ne devrait pas avoir à « quémander » de l’argent provenant des taxes perçues à Québec par Ottawa avant d’être redistribué avec conditions. Le chef péquiste présente ainsi l’entente en préparation comme un test de souveraineté autant que comme un dossier budgétaire.
La lecture n’est toutefois pas la même chez les adversaires de cette ligne dure. Charles Milliard dit que la conclusion d’une entente entre Ottawa et Québec sur le financement des infrastructures est une bonne nouvelle. Il décrit Fréchette comme « la dirigeante de la dernière province à signer une entente » et ajoute que, s’il prend le pouvoir en octobre, il défendra lui aussi les pouvoirs du Québec dans ses échanges avec le gouvernement fédéral. Le contraste est net: pour l’un, l’accord sent l’ingérence; pour l’autre, il prouve qu’une entente reste possible quand Québec et Ottawa cherchent un terrain commun.
Sol Zanetti pousse encore plus loin la critique du cadre canadien en disant que le Québec perd du temps et de l’argent en restant dans la fédération. Ce que Fréchette s’apprête à annoncer mardi dira donc moins seulement combien Ottawa met sur la table que la manière dont le gouvernement compte défendre sa marge de manoeuvre dans un dossier où les conditions, les compétences et les calculs électoraux se confondent. Les montants exacts et les termes précis de l’entente restent, pour l’instant, la pièce manquante que tout le monde attend de voir.

