Le gouvernement du Québec va analyser les impacts du nouveau Code de construction du Québec, qui doit entrer en vigueur en octobre, alors que l’industrie demande une pause dans son application. L’annonce a été faite lundi matin à Saint-Rémi par Christine Fréchette, au moment où le débat sur les coûts liés au logement et à la construction prend de l’ampleur.
Fréchette a dit que l’exécutif allait examiner ce que ces normes changeraient pour la suite, et voir comment elles se répercuteraient sur le terrain. Le nouveau code prévoit des exigences plus sévères en matière parasismique, des installations pour la recharge des véhicules électriques et des ajustements pour l’accessibilité universelle.
Pour l’industrie, ces ajouts ne sont pas un simple ajustement technique. Le secteur soutient que les nouvelles normes pourraient entraîner jusqu’à 8 % d’inflation dans la construction, au moment où chaque hausse alimente déjà la pression sur les projets résidentiels. Un rapport de La Presse, qui cite un document de l’Institut du développement urbain, a aussi avancé que les futurs acheteurs et locataires pourraient absorber des centaines de millions de dollars en coûts supplémentaires.
Cette lecture s’inscrit dans un contexte plus large de crise du logement et de recherche de solutions pour bâtir davantage, plus vite et à moindre coût. L’Institut du développement urbain représente de grands promoteurs immobiliers, et son opposition au calendrier choisi reflète les inquiétudes d’un secteur qui dit devoir composer avec de nouvelles obligations au moment même où la demande reste forte.
Karine Boivin Roy a toutefois rejeté l’idée d’une décision improvisée. Selon elle, la date du 17 octobre n’a rien d’accidentel et l’industrie connaît ces changements depuis un an et demi. Elle a rappelé que la population vieillit, que 23 % des Québécois vivent avec des limitations fonctionnelles et que l’électrification des transports, comme les normes sismiques, impose d’adapter les bâtiments. Elle a aussi laissé entendre que les échanges se poursuivent avec le ministre Jean Boulet.
Au fond, le bras de fer porte moins sur le principe des nouvelles normes que sur le moment choisi pour les imposer. Québec veut mesurer leur effet avant d’aller plus loin, mais l’industrie veut un répit immédiat. La question est désormais de savoir si le gouvernement maintiendra le cap jusqu’en octobre ou s’il acceptera d’assouplir le calendrier sous la pression des promoteurs.

