Le prince William a payé près de 7 millions de livres d’impôt sur le revenu et figure dans le classement fiscal 2026 du Sunday Times parmi les 0,002 % de Britanniques les plus lourdement taxés. Son revenu issu du duché de Cornouailles a atteint 22,9 millions de livres en 2024-2025, imposés au taux maximal de 45 %.
Le chiffre tombe au moment où la question du contribuable royal revient sur la table. William est légalement exempté de l’impôt sur le revenu, comme Charles III, mais certains revenus privés ou liés aux duchés sont bien taxés. La famille royale reste donc prise dans un système hybride: une partie de ses ressources entre dans l’assiette fiscale, une autre demeure protégée par la loi et par la tradition.
Cette distinction n’a rien d’anecdotique. En 1993, Elizabeth II avait choisi de payer l’impôt sur son revenu privé pour calmer la colère publique. Charles III, lui, a dévoilé pour la première et la dernière fois sa déclaration fiscale 2021-2022. Et depuis 1848, l’article 40 de la Constitution exonère le souverain de l’impôt afin de préserver son indépendance financière, tandis que les transferts entre souverain et futur souverain échappent aussi aux droits de succession.
Mais ce qui est taxé d’un côté ne ferme pas la facture de l’autre. Les profits du Crown Estate sont versés chaque année au Trésor, puis une part revient aux Windsors via le Sovereign Grant, qui reste net d’impôt. Certaines dépenses, comme la sécurité, sont encore payées directement par l’État. Autrement dit, William peut apparaître comme un contribuable hors norme tout en laissant entière la question de l’argent public qui continue d’alimenter la monarchie.
Le débat ne porte donc pas seulement sur le montant de son impôt personnel, mais sur le coût global de l’institution. Plus d’un contribuable sur deux aimerait voir le Sovereign Grant réduit, même si 53 % des personnes interrogées en avril 2026 considéraient encore les Windsors comme un bon investissement. Aux Pays-Bas, un sondage NOS publié fin avril a montré que 49 % des répondants jugeaient la maison royale trop coûteuse, dont près de 60 % des moins de 34 ans. Pour William, le classement dit une chose claire: il paie beaucoup, mais la transparence sur ce que le public paie encore pour la Couronne reste incomplète.

