Les Canadiens de Montréal ouvrent la finale de l’Association de l’Est contre les Hurricanes de la Caroline jeudi à 20 h HE au Lenovo Center, avec une question qui dépasse le tableau d’affichage: sauront-ils entrer dans le match dès la première minute après deux séries conclues par un Game 7 à l’extérieur?
Le club montréalais arrive à ce rendez-vous après une victoire de 3-2 en prolongation à Buffalo, trois nuits avant la publication de cet article, et après avoir aussi éliminé le Lightning de Tampa Bay dans un septième match sur la route. Dans cette série contre les Sabres, Montréal avait d’abord subi un revers de 4-2 le 6 mai avant de rebondir. Le fait compte, parce que les Canadiens ont maintenant une fiche de 6-0 dans les matchs disputés après une défaite depuis le début des séries, un filet de sécurité qui a porté l’équipe plus loin que prévu.
Nick Suzuki a résumé sans détour ce qui avait manqué au premier match contre Buffalo. « Game 1 contre Buffalo, j’ai senti qu’on n’y était pas vraiment sur le plan émotionnel et ça s’est en quelque sorte reflété dans le résultat », a-t-il dit. Martin St. Louis, lui, a insisté sur l’urgence du moment. « Je crois qu’il est difficile d’aller chercher ce Game 1, mais plus on avance, plus on ne peut pas simplement gaspiller un match parce que nos émotions ne sont pas au bon endroit », a déclaré l’entraîneur. « Donc, je pense que c’est un défi pour nous ce soir d’amener cette émotion tout de suite », a-t-il ajouté.
Le contexte de cette course donne du poids à ce diagnostic. Montréal avait perdu contre les Capitals de Washington au premier tour l’an dernier en cinq matchs, et seulement six joueurs de l’équipe des séries de 2021 sont encore avec le club. Les Canadiens ont donc traversé ce printemps avec un groupe bien différent, mais aussi avec le même problème de fond: trouver le bon rythme au début d’une nouvelle série après avoir vidé le réservoir dans la précédente.
St. Louis a dit espérer que le groupe retienne la leçon de Buffalo. « J’espère qu’on a appris de cette série contre Buffalo, le premier match. On s’est mis en marche, les deuxième, troisième et quatrième matchs ont été assez bons, mais parfois perdre un Game 1 peut faire la différence », a-t-il souligné. C’est là que se trouve la vraie ligne de fracture pour Montréal: cette équipe a déjà montré qu’elle pouvait survivre à l’urgence, mais elle n’a pas encore prouvé qu’elle sait toujours faire le saut émotionnel d’un Game 7 gagné à l’extérieur vers le premier match d’une nouvelle guerre.
Jeudi, contre la Caroline, les Canadiens ne pourront pas compter sur leur seul réflexe des dernières semaines. Ils devront montrer dès le départ que leur série de rebonds n’était pas seulement une réponse au danger, mais une manière durable de jouer quand il n’y a plus de marge pour attendre que le match leur revienne.

