Lecture: Dominique Farrugia et plus de 2 800 pros du cinéma contre Bolloré

Dominique Farrugia et plus de 2 800 pros du cinéma contre Bolloré

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La tribune dénonçant « l’emprise de l’extrême droite » sur le cinéma français via a bondi de 600 à plus de 2 800 signatures en neuf jours. Le 11 mai 2026, elle rassemblait 600 noms; au 20 mai, elle avait entraîné derrière elle plus de 2 800 professionnels du secteur.

Parmi les signataires figurent , , et , ainsi que Sepideh Farsi, Arthur Harari et Raymond Depardon. Le texte affirme que « nous dépendons aujourd’hui, à des degrés divers, pour nos projets autant que nos salaires, de l’argent de Vincent Bolloré », une formule qui résume la colère d’une profession qui dit vivre de financements dont elle conteste désormais le poids politique.

La portée de la mobilisation dépasse largement le cercle des vedettes. Rémi Bonhomme figure parmi les premiers producteurs signataires, François Aymé parmi les exploitants de salles, et la liste inclut aussi des directeurs de casting, des script supervisors, des décorateurs, des compositeurs, des assistants réalisateurs et des monteurs. Le , Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, a également apporté son soutien au mouvement.

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Cette contestation s’inscrit dans une dépendance très concrète au financement de , qui irrigue une partie importante de la production française. Selon , les signataires ont travaillé sur au moins 650 des 1 094 films français analysés sur les cinq dernières années, et 16 des 19 films ayant dépassé 2 millions d’entrées depuis 2021 comptaient au moins un signataire dans leur équipe, parmi lesquels Le Comte de Monte-Cristo et L’Amour ouf de Gilles Lellouche.

Le malaise tient aussi à la manière dont cette affaire fracture le métier. Un professionnel resté anonyme a estimé que « Canal+ réussit à diviser la profession en les scindant entre les “collabos”, ceux qui utiliseront le guichet Bolloré et les autres », une accusation qui dit moins un débat théorique qu’une ligne de partage déjà installée entre ceux qui composent avec ces financements et ceux qui les rejettent. Avec une pétition qui a triplé en moins de deux semaines et gagné des noms de toutes les branches du cinéma, la contestation n’a plus rien d’un geste symbolique: elle révèle un secteur qui se sait dépendant, mais qui ne veut plus taire le prix politique de cette dépendance.

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