Stellantis a dévoilé jeudi un nouveau plan stratégique de 60 milliards d’euros, avec l’ambition de lancer 60 nouveaux modèles d’ici 2030. Le groupe automobile franco-italo-ամéricain veut aussi accroître ses investissements technologiques, nouer de nouveaux partenariats et mieux utiliser ses usines pour remettre sa feuille de route sur de bons rails.
Le plan, baptisé FaSTLAne 2030, cible en priorité Jeep, Ram, Peugeot, Fiat et sa division de véhicules utilitaires Pro One. Ces marques et cette activité recevront 70 % des investissements de marque et de produit, a indiqué Stellantis, alors que le groupe traverse de fortes difficultés commerciales et de qualité, ainsi que d’importantes charges liées à sa stratégie d’électrification.
Le recentrage est net pour un constructeur qui compte 14 marques et qui cherche à concentrer ses moyens sur les noms les plus porteurs. En mettant l’essentiel de ses ressources sur quelques piliers industriels et commerciaux, Stellantis reconnaît implicitement qu’il ne peut pas tout financer à la même cadence ni défendre chaque badge avec la même intensité. Le calendrier donne aussi la mesure de l’effort: les 60 nouveaux modèles doivent arriver progressivement jusqu’en 2030, ce qui suppose de tenir la cadence dans un secteur où les retards de lancement coûtent vite très cher.
Cette annonce intervient au moment où le groupe est sommé de restaurer sa crédibilité auprès du marché comme auprès des clients. Les difficultés commerciales ont pesé sur sa dynamique, tandis que les problèmes de qualité et les charges liées à l’électrification ont alourdi le dossier. Le nouveau plan vise justement à montrer que Stellantis reprend le contrôle de ses priorités, en orientant davantage de capital vers les marques jugées les plus stratégiques et vers des usines mieux employées.
Reste désormais à voir si FaSTLAne 2030 suffira à transformer un programme de redressement en résultats tangibles. Pour le groupe, l’enjeu n’est plus seulement de promettre une nouvelle phase, mais de prouver qu’il peut livrer des modèles, stabiliser sa performance industrielle et faire oublier une séquence marquée par des à-coups commerciaux et des coûts lourds.

