Le Grand Prix du Canada a changé de rythme avant même le départ. À Montréal, le week-end se déroule au format Sprint, avec une seule séance d’essais avant les qualifications Sprint vendredi après-midi.
Ce virage tombe sur l’un des tracés les plus exigeants du calendrier. Le Circuit Gilles Villeneuve est bumpy, étroit et bordé de murs en béton sur tout le tour. Les chicanes y font monter les températures de freinage au plus haut niveau de l’année, et le circuit figure parmi les plus violents pour les freins avec ses longs appuis sur les zones de freinage. Turn 2 et Turn 10 sont des virages lents, Turn 5 devrait être rapide mais se retrouve sans doute limité par la puissance, au point d’être pris à fond. Avec le nouveau calendrier avancé d’un mois, l’absence du composé C6 chez Pirelli et une météo annoncée changeante, les équipes n’ont ni le temps ni la certitude qu’elles aimeraient pour régler leurs voitures.
Le décor ne laisse déjà guère de répit. Le tracé, qui longe le périmètre de l’île Notre-Dame dans le fleuve Saint-Laurent, est relativement court, mais il punit chaque approximation. En temps normal, trois séances d’essais aideraient les équipes à affiner l’équilibre, surtout sur un circuit aussi délicat. Cette fois, il n’y en a qu’une. Tout doit donc s’aligner très vite, dans un contexte où les voitures ont changé, la sélection de pneus aussi, et où la date de l’épreuve n’est plus la même que l’an dernier.
C’est là que le week-end peut se compliquer. Le format Sprint réduit la marge de correction, et Montréal ne pardonne pas les réglages trop prudents ni les paris trop agressifs. Si la piste évolue vite ou si la pluie s’invite, les équipes risquent de partir en qualifications avec davantage d’hypothèses que de certitudes. Pour un Grand Prix déjà réputé pour son exigence, cela suffit à transformer la préparation en véritable course contre la montre.

