Le 23 novembre 2024, Guy Savoy a appris par téléphone qu’il venait d’être élu à l’Académie des beaux-arts. À 72 ans, le chef originaire de Bourgoin-Jallieu est devenu le premier cuisinier à entrer dans cette institution, à l’issue d’un vote conclu dès le premier tour et à la majorité absolue.
La nouvelle a été annoncée à Savoy par Jean-Michel Wilmotte, qui lui a lancé: « Tu viens d’être élu ». Le détail dit assez la portée du moment. Ce n’était pas seulement un siège de plus dans une académie prestigieuse, mais l’entrée officielle de la gastronomie dans un lieu qui consacre d’ordinaire les arts au sens classique du terme.
Cette élection intervient alors que Savoy avait déjà accumulé les distinctions majeures. Son restaurant avait été désigné meilleure table du monde et avait réuni des étoiles au fil des années. L’Académie des beaux-arts, en l’accueillant, a donné à la cuisine une forme de reconnaissance symbolique qui dépasse le palmarès d’un chef et place son métier au même rang que les disciplines qu’elle honore depuis longtemps.
Le geste a aussi une portée institutionnelle claire: en faisant entrer un chef de cuisine, l’Académie a tracé une frontière nouvelle. La gastronomie n’est plus seulement célébrée pour ses performances ou ses classements; elle reçoit désormais les lettres de noblesse d’une académie des arts. Pour Savoy, né à Bourgoin-Jallieu et arrivé à ce niveau après une carrière couronnée de succès, cette reconnaissance consacre autant un parcours personnel qu’un changement de regard sur la cuisine elle-même.
Reste une évidence: cette élection ne récompense pas seulement un nom déjà consacré, elle officialise la place de la gastronomie dans le paysage des arts reconnus par l’Académie des beaux-arts. Et pour les chefs, c’est un seuil qui vient de s’ouvrir.
