Jacques Boncompain a été condamné mercredi 20 mai à 5.000 euros d’amende pour avoir publiquement nié ou minimisé des crimes contre l’humanité, après des propos tenus le 15 novembre à la sortie d’une messe à Verdun. L’homme, qui avait organisé en novembre une cérémonie en hommage au maréchal Pétain, avait alors affirmé que Philippe Pétain avait sauvé des Juifs et, devant témoins, « au moins 700.000 juifs ».
Le tribunal a estimé que ces déclarations constituaient une banalisation grave du nombre de victimes de la Shoah. La décision complète sera affichée dans le tribunal pendant deux mois.
Boncompain, président de l’Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain, a toutefois été partiellement relaxé sur une autre phrase, lorsqu’il a dit que Pétain était « le premier résistant de France ». Les juges ont indiqué ne pas pouvoir établir, au vu des éléments du dossier, à quel moment exact cette formule avait été prononcée. En mars, il avait comparu à l’audience et soutenu que les passages visés relevaient, selon lui, de la liberté d’expression, dénonçant une affaire « scandaleux » et un « guet-apens ».
L’affaire s’inscrit dans une série de contentieux où la frontière entre expression publique et sanction pénale se referme vite dès qu’elle touche à l’histoire la plus lourde. Ici, le tribunal a retenu que les mots de Boncompain n’étaient pas une simple opinion sur Pétain, mais une atteinte directe à la mémoire des victimes de la Shoah.
La portée de ce jugement dépasse le seul cas de Verdun: il rappelle qu’un discours révisionniste ou de minimisation peut conduire à une condamnation, même lorsqu’il est présenté comme une prise de position politique ou mémorielle. Boncompain, lui, continue d’affirmer qu’il est condamné « sur des avis qui relèvent de la liberté d’expression ».
