La demande de masques a quintuplé en France en quelques jours, portée par les craintes liées au hantavirus. Chez Pharmazon, centrale d’achat pharmaceutique, la fondatrice a indiqué jeudi 14 mai avoir vu ses ventes exploser, avec 15 000 boîtes de masques vendues depuis lundi, contre 2 400 boîtes par semaine en temps normal.
La hausse touche surtout les modèles FFP2 et chirurgicaux, dont la demande a été multipliée par cinq et par quatre en moins d’une semaine. Sur le terrain, la tension est alimentée par un mélange d’angoisse et de réflexes hérités du Covid, qui a laissé des traces dans les comportements d’achat de masques. Si le sujet se propage si vite, c’est aussi parce que les pharmacies se heurtent à une chaîne d’approvisionnement concentrée: les trois grossistes répartiteurs détiennent 95 % du marché des masques en France et ont prévenu les officines que les livraisons de FFP2 et de chirurgicaux se feraient au compte-gouttes, voire pas du tout.
Dans le même temps, le gouvernement tente de calmer la situation. Stéphanie Rist a assuré qu’il n’y avait aucune raison de porter un masque actuellement concernant ce virus et qu’il n’existait pas de diffusion dans la population. La veille, mercredi 13 mai, Philippe Tabarot estimait déjà que le port du masque dans les transports en commun en France ne lui semblait pas nécessaire à ce stade. Matignon a aussi affirmé hier que le stock de masques de l’Hexagone était suffisant pour minimum trois mois en cas d’épidémie, en ajoutant que les stocks privés et publics s’additionnent aux réserves nationales.
Reste un décalage net entre le discours officiel et les achats des Français. La fondatrice de Pharmazon l’a résumé sans détour: « Nous, distributeurs, on n’en a pas beaucoup en stock parce que l’épreuve du Covid nous a laissé quelques résidus de stock et donc une perte de trésorerie massive ». Tant que le gouvernement maintient qu’il n’y a pas de signe de circulation du hantavirus dans l’Hexagone, la poussée des ventes ressemble moins à une réponse sanitaire qu’à une nouvelle ruée de précaution, déclenchée par une peur qui court plus vite que les faits.

