Michel-Édouard Leclerc a accusé dimanche 17 mai TotalEnergies d’être dans « une forme d’illégalité » et a affirmé que le groupe pétrolier pourrait faire l’objet de poursuites pour discrimination de la part des distributeurs français avec lesquels il est à la fois concurrent et fournisseur. Invité de l’émission « En Toute Franchise » sur LCI, le patron du groupe E.Leclerc a aussi soutenu que TotalEnergies pouvait désormais répercuter une partie de ses gains sur les consommateurs.
« Tous les distributeurs français qui ont Total comme concurrent et comme distributeur pourraient lui faire un procès en discrimination puisqu'il s'approvisionne à des conditions qu'il ne donne pas aux autres opérateurs », a-t-il lancé. Leclerc a comparé la situation à celle d’Apple, disant: « C'est un peu comme Apple quand il se sert lui-même et qu'il fait payer plus cher des utilisateurs. »
Le dirigeant a replacé ce bras de fer dans une bataille installée depuis la guerre en Ukraine. Selon lui, le contentieux sur les prix existe depuis ce conflit, alors que les carburants et le gaz sont à nouveau sous pression en raison de la guerre au Moyen-Orient. Il a dit que TotalEnergies avait « cagnotté » pendant deux ou trois ans, après avoir été 10 à 12 centimes plus cher qu’un Intermarché, un Leclerc ou un Super U pendant cette période.
« Je pense, oui », a-t-il répondu lorsqu’on lui a demandé si le groupe pétrolier pouvait aujourd’hui en reverser une partie aux automobilistes. Leclerc a insisté sur le fait qu’il ne voulait pas déplacer le dossier sur le terrain judiciaire. « Je ne vais pas aller sur ce terrain-là puisque je suis un homme d'action, je ne suis pas un homme de prétoire », a-t-il dit, avant d’ajouter: « Je dis simplement qu'aujourd'hui, il a tellement cagnotté depuis deux ans, trois ans, où il était 10, 12 centimes plus cher qu'un Intermarché, un Leclerc ou un Super U. Maintenant, il peut en refiler un peu aux consommateurs. »
Le patron de l’enseigne a aussi rappelé que TotalEnergies est raffineur et peut revendre son carburant, contrairement à lui. « Il est raffineur, il peut revendre. Moi, je ne suis pas raffineur, je ne sais pas faire ça », a-t-il dit, tout en ajoutant: « Je ne suis pas très à l'aise parce qu'en tant que distributeur, en tant que commerçant, en étant beaucoup moins cher que lui depuis vingt ans, il a aussi souffert de notre concurrence. »
Au bout du compte, Leclerc a choisi d’en faire un argument de pouvoir d’achat plutôt qu’une affaire de tribunal. « Je veux aller sur la protection du pouvoir d'achat des consommateurs », a-t-il dit, laissant entendre que la pression commerciale pourrait désormais peser plus que la menace d’un procès.

