Les ministres des finances du G7 réunis depuis lundi à Bercy doivent publier un communiqué, a annoncé mardi Roland Lescure sur BFM Business. Le ministre de l’Économie a dit avoir longtemps douté de l’utilité du groupe au début de l’année, avant de conclure qu’il fonctionne parce que ses membres peuvent « parler de tout ».
Le texte attendu doit porter sur la volonté de gérer les déséquilibres mondiaux, l’aide aux pays les plus vulnérables et la crise au Moyen-Orient, avec ses effets sur le quotidien des citoyens. Cette réunion intervient alors que les tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran pèsent sur les marchés, et que les rendements obligataires ont été l’un des sujets discutés autour de la table.
Le choc est déjà visible dans les chiffres. La France emprunte désormais à 3,80 % sur 10 ans, un niveau que Lescure juge préoccupant. « on a des vents de face: la crise n’est pas une bonne nouvelle pour les taux d’intérêt, ça veut dire que je paye plus pour notre dette, près de 4 milliards d’euros », a-t-il dit. Pour lui, la hausse des taux renchérit immédiatement le financement de l’État et complique la gestion de la dette publique.
Mais le ministre insiste sur un point: l’économie française tient bon pour l’instant. Il met en avant un meilleur mix énergétique que la plupart des pays européens et les stabilisateurs automatiques, dont le Smic qui va augmenter et aider la consommation à résister. Il affirme qu’il n’y a « ni stagflation ni récession » en France à ce stade, même si la crise internationale ralentit l’activité. Cette lecture rejoint d’autres signaux récents d’une activité encore résiliente, comme le montrent aussi les analyses sur l’économie mondiale et, ailleurs, le recul observé en Russie.
La fragilité apparaît pourtant dans la durée. Lescure dit que la crise ne doit pas s’éterniser si elle ne veut pas trop affaiblir l’économie française. Il veut surtout voir reprendre au plus vite les négociations pour rouvrir le détroit d’Ormuz, qu’il décrit comme le nœud économique du conflit au Moyen-Orient. Même dans l’hypothèse d’une réouverture immédiate, prévient-il, le temps serait long avant que les tankers atteignent les côtes françaises et les prix à la pompe resteraient élevés. Ils ne baisseraient vraiment que si le prix du pétrole recule.
Ce calendrier politique donne une mesure concrète de l’urgence. Sébastien Lecornu doit annoncer jeudi de nouvelles aides pour soutenir les plus vulnérables alors que les prix du carburant montent. TotalEnergies, de son côté, a décidé d’étendre son plafond de prix dans ses stations jusqu’au week-end de Pentecôte. Entre la diplomatie du G7, la pression des marchés et la facture à la pompe, le gouvernement cherche à gagner du temps dans une économie qui résiste encore, mais de plus en plus sous tension.

