Lecture: Rafale: l’Indonésie affiche sa montée en puissance avec six avions livrés

Rafale: l’Indonésie affiche sa montée en puissance avec six avions livrés

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L’Indonésie a reçu six des 22 premiers Rafale commandés il y a quatre ans, et le président a voulu donner à cette livraison un sens politique en inspectant lundi 18 mai six chasseurs, quatre Falcon 8X et un Airbus A400M Atlas. Sur la base de cette présentation, il a martelé que Jakarta devait continuer d’améliorer ses capacités de défense afin de servir de moyen de dissuasion.

« Nous n'avons d'autres intérêts que la protection de notre propre territoire », a déclaré Prabowo, ajoutant que « la défense constitue un préalable fondamental à la stabilité ». Le message était clair: le Rafale n’est pas seulement un avion de combat de plus dans l’inventaire indonésien, mais un symbole de la trajectoire militaire que le pays affiche au moment où il cherche à renforcer sa posture dans la région.

Le poids de cette étape tient aussi aux chiffres. En 2022, l’Indonésie a commandé 42 avions de combat Rafale à pour un contrat total de 8,1 milliards de dollars. Lors de la tournée d’ en Asie du Sud-Est en juin 2025, Jakarta s’est encore engagée à acheter des Rafale supplémentaires. L’État indonésien a donc déjà ouvert plusieurs chantiers en parallèle, entre aviation de chasse, surveillance et capacités navales.

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Le mouvement ne se limite pas à Dassault. En 2023, l’Indonésie a commandé 13 radars militaires longue portée au groupe . Deux ans plus tard, elle a passé une commande de deux sous-marins Scorpène à , avec une livraison prévue en 2031. L’armée indonésienne détient aussi 55 canons Caesar achetés en deux commandes, en 2012 puis en 2017. L’ensemble dessine une modernisation militaire rapide, étalée sur plusieurs années, et bien au-delà de la seule flotte de Rafale. Pour le lecteur qui veut suivre ce programme de près, un précédent dossier sur Dassault Rafale détaille déjà comment l’Indonésie reçoit six chasseurs au cœur d’un vaste programme.

Reste une tension que le discours officiel ne dissipe pas. Les finances publiques indonésiennes inquiètent, et la multiplication des commandes pose une question simple: jusqu’où Jakarta peut-elle aller sans ralentir ce rythme? Le porte-parole du ministère de la Défense, , a défendu cette ligne en affirmant que « ces investissements en matière de défense étaient indispensables afin de préserver la souveraineté de la nation ». Mais les analystes cités dans le dossier doutent d’une sortie du pays des accords signés depuis 2022, ce qui laisse penser que la stratégie engagée est désormais difficile à inverser.

Pour Prabowo, le pari est de présenter ces achats comme une assurance politique autant qu’un outil militaire. Si l’Indonésie poursuit cette voie, le Rafale restera au centre d’un programme d’armement qui a déjà commencé à modifier la silhouette de ses forces armées, et pas seulement sur le tarmac.

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