Les stocks commerciaux de pétrole déclinent « très rapidement », a prévenu Fatih Birol lundi 18 mai 2026 à Paris, en marge du G7 Finances. Le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie a ajouté qu’il restait encore plusieurs semaines de réserves commerciales, mais qu’elles diminuaient vite.
Ces stocks commerciaux sont les volumes de brut disponibles pour être vendus sur le marché. Birol a expliqué que le déblocage de réserves stratégiques décidé en mars avait apporté environ 2,5 millions de barils par jour, un soutien temporaire alors que la pression sur l’offre restait forte. Il a rappelé que les réserves stratégiques ne sont pas illimitées, reprenant une inquiétude désormais centrale dans l’équation pétrolière mondiale.
Le message de Paris prolonge l’alerte lancée par l’AIE le 13 mai, quand l’agence avait parlé d’une fonte « record » des réserves pétrolières. Selon elle, plus de dix semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, les pertes croissantes d’approvisionnement dans le détroit d’Ormuz épuisent les stocks mondiaux de pétrole à un rythme sans précédent. L’AIE a dit alors que cette baisse rapide pouvait annoncer de futures flambées de prix.
Les chiffres accumulés donnent la mesure du choc. En mars et avril, les stocks mondiaux observés ont diminué de 250 millions de barils, soit un rythme de quatre millions de barils par jour selon l’agence. En mars, les 32 pays membres de l’AIE avaient annoncé la libération coordonnée de 426 millions de barils de stocks stratégiques, soit plus du tiers de leurs réserves, une décision présentée comme sans précédent.
Cette réponse a aidé à amortir le choc, mais elle a aussi montré ses limites. Quand Birol dit qu’il nous reste encore plusieurs semaines, mais qu’il faut être conscients du fait qu’ils diminuent rapidement, il décrit un marché qui continue d’être soutenu par des stocks, tout en se vidant à grande vitesse. Pour les consommateurs comme pour les marchés financiers, le risque n’est plus seulement la tension sur l’offre: c’est l’épuisement du coussin qui permettait de tenir le choc.
La guerre au Moyen-Orient et les pertes d’approvisionnement dans le détroit d’Ormuz restent donc au cœur de la mécanique. Tant que ces flux ne se stabilisent pas, l’AIE considère que le marché du pétrole demeure exposé à une nouvelle poussée des prix.
