La Colorado Avalanche entre dans la finale de l’Ouest contre les Vegas Golden Knights avec une question simple et lourde: qui peut vraiment tenir la ligne bleue quand le rythme monte d’un cran? À la veille du match 1, l’entraîneur Jared Bednar a laissé entendre que la plupart, sinon la totalité, des quatre défenseurs touchés par des soucis récents devraient être disponibles.
Ce ne serait pas un luxe. Colorado a passé une bonne partie des séries à bricoler derrière, et le plus grand fil conducteur de cette série de blessures et d’ajustements reste la façon dont Bednar a dû tester des combinaisons à la fin de la saison régulière. Brett Kulak a alors été essayé sur la première paire avec Cale Makar, tandis que Devon Toews a été placé sur la deuxième paire. Depuis, la paire Toews-Makar a avalé une quantité extraordinaire de minutes en playoffs et a affiché un taux de 61,50 % d’expected goals ensemble, le signe le plus net que Colorado a trouvé un duo capable de survivre à la pression.
Toews mène aussi le corps défensif du Colorado avec huit points, un total qui compte dans une série où chaque sortie propre de zone peut décider d’une séquence. Makar, lui, a cinq points en séries, dont quatre buts. Il ne participe désormais qu’aux matchs, ce qui résume à lui seul la prudence qui entoure la défense de Colorado avant d’affronter Vegas.
La configuration n’est pas née du hasard. Josh Manson a d’abord été blessé, puis Sam Malinski a été une surprise de dernière minute avec une blessure au haut du corps dans le match 4 de la série contre le Wild après le retour de Manson. Avant cette série contre Vegas, Brent Burns était absent de l’entraînement, et Manson comme Malinski ont été limités dans leurs patinages. Kulak a vu le plus de temps de jeu avec Malinski au cours des sept premiers matchs de playoffs, un autre indice que Bednar a passé le printemps à réorganiser ses paires au gré des absences.
Burns et Manson avaient pourtant beaucoup joué ensemble pendant la saison régulière, ce qui montre à quel point l’échiquier défensif du Colorado a été déplacé plusieurs fois. Jack Ahcan, lui, n’a jamais été renvoyé vers l’AHL, et le rookie des Colorado Eagles, Alex Gagne, a récemment participé à un entraînement malgré n’avoir jamais joué dans la NHL. Ce n’est pas la trajectoire d’une arrière-garde installée; c’est celle d’une équipe qui a dû élargir son groupe de façon forcée, puis espérer que les pièces improvisées tiennent sous la lumière des finales.
En face, Vegas arrive avec une blue line construite pour ce type de série. Shea Theodore mène les défenseurs des Golden Knights avec neuf points et quatre buts, et reste leur premier quarterback en avantage numérique. Noah Hanifin, acquis du Calgary Flames en 2024, apporte six passes décisives. Rasmus Andersson, acquis du Calgary Flames en janvier de cette année, ajoute une autre option de relance, tandis que Dylan Coghlan et Ben Hutton complètent la profondeur. Brayden McNabb doit revenir après une suspension d’un match, ce qui renforce encore une défense déjà plus stable que celle du Colorado.
Cette finale de l’Ouest ressemble donc à un test de résistance pour l’Avalanche Colorado plus qu’à un simple duel de styles. Les Golden Knights arrivent avec plus de continuité, tandis que Colorado doit encore vérifier, presque au jour le jour, si ses défenseurs les plus importants peuvent encaisser 20 minutes par soir sans s’effondrer. Jeremy Lauzon, de son côté, est absent depuis le début du mois de mai après avoir reçu une rondelle au corps, un rappel supplémentaire que cette série pourrait se jouer autant sur la santé des arrières que sur le talent des patineurs vedettes. Si Bednar récupère vraiment la plupart de ses hommes pour le match 1, Colorado aura au moins la base nécessaire pour tenir tête à Vegas. Sinon, la moindre absence derrière pourrait peser bien plus lourd qu’un but encaissé tôt dans la série.

