Shai Gilgeous-Alexander a remporté le trophée de MVP de la NBA devant Victor Wembanyama, et ce verdict a laissé un goût familier à San Antonio: même une domination des deux côtés du terrain peut passer après des chiffres offensifs plus clinquants aux yeux de trop de votants. Wembanyama a pourtant livré une saison à 25 points, 12 rebonds et plus de 3 contres par match, tout en portant l’une des meilleures défenses de la ligue.
Ce n’est pas une production ordinaire. Depuis que les contres sont devenus une statistique officielle en 1972, seuls quatre joueurs avaient déjà compilé au moins 25 points, 12 rebonds et 3 contres de moyenne sur une saison: Kareem Abdul-Jabbar, Bob McAdoo, Hakeem Olajuwon et David Robinson. Parmi eux, seul Olajuwon a aussi décroché le titre de Défenseur de l’année la même saison.
Le cas Olajuwon rappelle à quel point la barre est haute. En 1992-93, il avait tourné à 26 points, 13 rebonds et 4 contres pour une équipe de Houston à 55 victoires, tout en terminant avec le trophée de meilleur défenseur. Cette même saison, Charles Barkley a remporté le MVP après avoir mené Phoenix à 62 victoires. C’est l’autre ligne de fracture de la course actuelle: plusieurs votants ont dit explicitement qu’ils voteraient probablement en fonction de l’équipe dont la saison s’achève avec le meilleur bilan.
Et c’est là que le dossier Wembanyama devient moins une question de chiffres qu’une question de calendrier. San Antonio est arrivé à la ligne d’arrivée avec deux matchs de retard sur l’équipe au meilleur bilan évoquée dans la course, alors que le club était attendu en début de saison comme une simple équipe de play-in. En quelques mois, les Spurs ont dépassé les pronostics et se sont rapprochés du sommet de la ligue, ce qui nourrit l’idée que la candidature de Wembanyama était assez forte pour tenir jusque dans la dernière ligne droite.
Mais le vote final montre aussi ce qui continue de peser dans cette récompense: la production défensive la plus rare de la NBA ne suffit pas toujours quand la conversation se fixe sur le record collectif et sur la visibilité offensive. Pour Wembanyama, la saison a été historique. Le vote, lui, a choisi autre chose.
Pour suivre plus largement son ascension, de ses liens avec le PSG à son dossier pour les récompenses, voir aussi nos précédents articles sur Where Is Victor Wembanyama From? PSG Backing Lands in Final Run-Up, sur le duel Chet Holmgren, Victor Wembanyama and the playoff case that could shift awards, et sur Shai Gilgeous-Alexander wins second straight MVP as Wembanyama surges.

