Le Sénat hausse le ton contre l’exécutif à propos du calendrier parlementaire. Gérard Larcher lui demande de « mieux gérer l’agenda parlementaire », alors que la chambre haute se dit agacée de ne pas être assez associée aux décisions qui organisent ses travaux.
Le malaise est d’autant plus vif que les parlementaires du Sénat disent subir un calendrier surchargé, jugé intenable, avec des changements de dernière minute qui rendent la programmation imprévisible. Dans le même temps, le gouvernement espère toujours convoquer une session extraordinaire au Parlement, et Sébastien Lecornu veut aller jusqu’au 21 juillet pour y inscrire plusieurs textes, dont celui sur l’aide à mourir.
Cette séquence s’inscrit dans une pratique devenue presque systématique depuis 2017: l’exécutif a presque constamment décidé d’une session extraordinaire en juillet. Les travaux parlementaires sont censés s’achever dans les deux chambres le 30 juin, mais la mécanique institutionnelle pousse de nouveau vers un prolongement en plein été, avec un cap fixé au 14 juillet comme repère politique et symbolique dans le débat sur le calendrier.
L’an dernier, François Bayrou avait limité la durée de la session extraordinaire en raison d’un risque élevé de censure, ce qui avait montré à quel point l’équilibre peut se tendre entre le gouvernement et le Parlement. Aujourd’hui, la crispation est revenue au Sénat, qui reproche à l’exécutif de lui imposer ses contraintes sans le consulter assez tôt, alors que plusieurs dossiers lourds doivent encore être examinés dans une fenêtre de temps de plus en plus serrée.
Le point de friction dépasse la simple organisation des séances. Il dit aussi la difficulté du gouvernement à faire passer son agenda sans heurter une chambre haute qui entend défendre sa place dans la fabrication de la loi. Si Sébastien Lecornu parvient à faire acter une session extraordinaire jusqu’au 21 juillet, ce sera moins un simple ajustement technique qu’un nouvel épisode du bras de fer sur la maîtrise du temps parlementaire.

