Gérald Darmanin a porté l’OQTF au centre de sa visite d’État à Alger, dans un dossier qui empoisonne depuis des années la relation entre Paris et Alger. Le ministre français a mis en avant la nécessité de « le travail que nous devons continuer à faire pour renouer la confiance ».
Le sujet n’est pas théorique. En 2025, plus de 51.000 personnes ont été arrêtées en France, tandis que les étrangers représentaient un détenu sur cinq dans les prisons françaises et quatre personnes sur dix dans les centres de rétention. Pourtant, les reconduites effectives restent marginales: l’an dernier, 2.539 expulsions ont été exécutées au total, dans un système où l’écart entre les décisions prises et les départs réellement effectués reste béant.
L’OQTF, pour obligation de quitter le territoire français, est devenue l’un des points fixes du débat sur l’immigration et un casse-tête récurrent pour les ministres de l’intérieur. Entre 2019 et 2025, environ 900.000 OQTF ont été prononcées toutes nationalités confondues, mais le taux moyen d’exécution est resté inférieur à 10 %. C’est cette réalité que Darmanin a portée à Alger, où la question a été abordée directement avec les autorités algériennes.
Au cœur du blocage, il y a les laissez-passer consulaires, indispensables à l’exécution d’une OQTF lorsque la personne concernée n’a pas de document de voyage valide. La source estime que le refus ou la lenteur algérienne dans la délivrance de ces papiers a amplifié le problème, transformant une procédure administrative en bras de fer diplomatique. Dans ce dossier, chaque renvoi avorté nourrit à Paris l’idée d’une coopération incomplète, et à Alger le sentiment d’une pression française qui ne dit pas toujours son nom.
Cette visite s’inscrit donc dans un effort plus large de reconstruction de la confiance entre les deux pays, alors que la relation franco-algérienne reste fragile et que le dossier migratoire continue de peser sur les échanges. Pour Darmanin, l’enjeu immédiat est simple: obtenir des résultats concrets sur les expulsions sans aggraver une relation déjà sous tension.

