Lecture: Australie ordonne la vente de parts dans Northern Minerals sur fond de tensions

Australie ordonne la vente de parts dans Northern Minerals sur fond de tensions

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Canberra a ordonné lundi à six actionnaires du producteur australien de terres rares de vendre leurs parts, un nouvel assaut réglementaire dans un secteur que le gouvernement veut protéger de l’influence extérieure. Trois de ces actionnaires sont enregistrés en Chine, deux à Hong Kong et un dispose d’une adresse aux îles Vierges britanniques.

La décision vise une entreprise qui cherche à bousculer la domination chinoise dans la production de dysprosium, un métal utilisé pour fabriquer des aimants permanents intégrés aux véhicules électriques. Northern Minerals a déclaré qu’elle examinait ces nouvelles instructions de vente et qu’elle ferait une autre annonce une fois son analyse terminée.

Le gouvernement australien a présenté sa démarche comme une défense de l’intérêt national dans un secteur jugé stratégique. Le trésorier a résumé cette ligne en affirmant que l’Australie applique un cadre ferme et non discriminatoire pour les investissements étrangers et qu’elle prendra d’autres mesures si nécessaire afin de protéger cet intérêt national.

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Le dossier s’inscrit dans une série d’actions plus larges autour des terres rares. En 2024, Canberra avait déjà utilisé une loi sur les investissements étrangers pour contraindre un autre groupe d’investisseurs liés à la Chine à céder ses participations. En octobre, les ont signé un accord visant à faciliter l’accès à des gisements australiens de terres rares et de minéraux critiques, et Northern Minerals figurait parmi les sociétés mises en avant dans cet accord.

Basée en Australie, la société détient les droits sur un important gisement de dysprosium et se décrit comme une source fiable de rechange à la production chinoise. Elle dit que près de 99% de la production mondiale de dysprosium vient de Chine, un chiffre qui résume l’enjeu: plusieurs pays cherchent à réduire l’emprise de Pékin sur les chaînes d’approvisionnement en terres rares, alors même que la Chine possède parmi les plus grandes réserves mondiales et compte aussi parmi les rares pays capables de les raffiner à l’échelle industrielle.

Le point de friction, désormais, est simple: Canberra dit vouloir sécuriser un actif stratégique, tandis que Northern Minerals tente encore de s’imposer comme option alternative hors de Chine. La suite dira si l’intervention de lundi n’est qu’un coup de semonce ou le signal d’un durcissement plus large sur les capitaux étrangers liés aux terres rares en Australie.

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