Les États-Unis ont maintenu neuf pays africains sous leur alerte maximale de niveau 4, « Do Not Travel », dans leur mise à jour de mai 2026, et y ont ajouté le Burkina Faso. Le classement touche désormais des zones d’Afrique de l’Ouest, centrale, du Nord et de la Corne de l’Afrique, où Washington dit que les risques liés aux conflits armés, au terrorisme, à la criminalité violente, aux troubles civils et aux infrastructures faibles restent extrêmes.
Les autorités américaines ont averti que, dans certaines régions, l’aide d’urgence ou consulaire pourrait être « extrêmement limitée ». Le Burkina Faso est entré sur la liste en mai 2026, après le Niger en janvier 2026 et le Tchad en avril 2026, alors que huit autres pays y figuraient déjà. Le Mali, le Soudan et la Somalie sont restés inscrits en raison de conflits de longue durée.
Ce durcissement dessine un arc d’instabilité qui s’étend du Sahel à la Corne de l’Afrique, selon des analystes cités dans le suivi de l’avis. Pour les voyageurs, l’étiquette de niveau 4 ne signale pas seulement un danger théorique: elle indique que les États-Unis considèrent la capacité d’assistance sur place comme trop limitée pour recommander tout déplacement. L’avertissement intervient alors que les tensions sécuritaires continuent de se déplacer d’un pays à l’autre sans se résorber.
Le détail qui pèse le plus dans cette mise à jour est aussi le plus simple: il ne s’agit pas d’un seul pays en crise, mais d’une bande entière de territoires sous alerte. Le fait que le Burkina Faso rejoigne une liste où restent le Mali, le Soudan et la Somalie montre que Washington voit la menace comme structurelle, pas ponctuelle. Dans plusieurs cas, les mêmes facteurs reviennent — conflits armés, violences, instabilité politique et accès compliqué aux secours — avec, dans le cas du Tchad, une inquiétude supplémentaire liée à l’insécurité croissante et aux enlèvements.
Ailleurs en Afrique, les crises politiques et judiciaires continuent aussi d’occuper l’actualité. Le 11 mai 2026, Cyril Ramaphosa a déclaré à la télévision qu’il ne démissionnerait pas, au lendemain d’une décision de la Cour constitutionnelle sud-africaine qui a relancé des procédures de destitution liées au scandale Phala Phala. L’affaire porte sur le vol d’au moins 580 000 dollars en devises étrangères dissimulées dans des meubles de son ranch, et elle a rouvert un dossier embarrassant pour le président sud-africain.
Dans le même temps, Yoweri Museveni a prêté serment pour un septième mandat en Ouganda, un rappel supplémentaire que plusieurs capitales du continent entrent dans une phase où la sécurité, la gouvernance et la mobilité internationale se durcissent ensemble. Pour les neuf pays visés par l’alerte maximale américaine, la question n’est plus de savoir si le risque est élevé. C’est la durée pendant laquelle cette zone d’instabilité restera fermée aux déplacements ordinaires.

