Kaja Kallas a présenté, mardi, un point sur les dossiers les plus urgents de la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne devant une réunion conjointe de la commission des affaires européennes et de la commission des affaires étrangères du Riigikogu. La discussion a tourné autour de l’Ukraine, alors que l’attention actuelle de l’UE se concentre aussi sur le Moyen-Orient.
Peeter Tali a dit que le débat avait porté sur l’Ukraine. Marko Mihkelson a, lui, décrit des échanges « substantiels et francs », eux aussi centrés sur le conflit, au moment où Tallinn cherche à maintenir la pression politique sur Moscou et à clarifier la ligne européenne sur l’aide à Kiev.
Le poids de la réunion tient autant à son sujet qu’à son cadre. Le Riigikogu est le parlement de l’Estonie. Il compte 101 membres et exerce le vote des lois et des résolutions, le contrôle parlementaire et la ratification des accords internationaux. Dans ce cadre, les deux commissions ont entendu Kallas exposer l’état des dossiers européens les plus sensibles, avec l’Ukraine au premier plan.
Tali a insisté sur la nécessité d’agir sur plusieurs fronts pour parvenir à une paix durable: soutenir l’Ukraine, maintenir les sanctions contre l’agresseur, réformer le secteur européen de la défense et avancer sur l’élargissement de l’Union. Il a aussi rappelé que la force de l’Europe réside dans son unité, ajoutant qu’avec de nouveaux États membres, l’Union pourrait être encore plus forte. Il a enfin plaidé pour une coopération plus étroite afin d’accroître les capacités de défense et de promouvoir l’industrie de défense, y compris dans la gestion et les achats d’armements.
Mihkelson a tenu un message similaire, mais depuis la position d’un pays frontalier. « L’Estonie, en tant que pays frontalier, connaît bien la situation », a-t-il dit. Il a estimé qu’il fallait continuer à soutenir l’Ukraine et à exercer une pression sur la Russie. Selon lui, il n’y aura de vraies négociations que lorsque l’agresseur comprendra que la poursuite de la guerre ne lui apportera pas le résultat espéré. Il a aussi estimé que l’Europe ne pouvait pas ouvrir de discussions avec Moscou à court terme, mais qu’elle pouvait travailler à cet objectif tout en renforçant sa propre sécurité.
La réunion intervient alors que la politique étrangère de l’UE reste dominée par deux crises à la fois: l’Ukraine et le Moyen-Orient. Mais le débat à Tallinn a montré où se situe, pour l’Estonie, le centre de gravité immédiat. Le pays voit dans le dossier ukrainien non seulement une guerre à soutenir à distance, mais aussi le test principal de la crédibilité européenne, entre unité politique, défense renforcée et capacité à tenir dans la durée.
La suite se jouera moins dans les déclarations que dans les décisions: le niveau d’aide à Kiev, la vigueur des sanctions et la vitesse à laquelle l’Europe avancera sur sa propre défense. Pour Tallinn, la ligne est déjà tracée. La paix durable passe par la résistance de l’Ukraine et par une Europe qui reste unie.
