Le procès de Martin Ney s’ouvre mardi devant les assises de Nantes, dans une affaire qui remonte à 2004 et à la disparition de Jonathan Coulom, 9 ans, emporté pendant une classe de mer. Pendant trois semaines, la cour doit examiner si le German, déjà condamné à la prison à vie dans son pays, a aussi eu un rôle dans ce meurtre commis en France.
Ney conteste avoir agi sur le territoire français. Il a admis d’autres meurtres en Allemagne, mais nie être l’auteur de la mort de Jonathan Coulom. C’est pourtant bien cette version des faits que la justice française va mettre à l’épreuve à Nantes, vingt-deux ans après les événements.
L’enjeu est lourd pour la famille du garçon. Sa mère espère toujours que ce procès fasse surgir de possibles aveux et permette enfin de comprendre les derniers instants de son fils, celui qu’elle appelait « titi ». Pour elle, comme pour les magistrats appelés à juger ce dossier, il ne s’agit pas seulement de savoir qui a pris l’enfant en 2004, mais d’éclairer ce qui s’est passé après.
Ce procès ne concerne pas uniquement un dossier isolé. Martin Ney est présenté comme un tueur en série allemand surnommé « l’homme en noir » et « Schwartzmann », et l’audience doit aussi revenir sur son parcours criminel et sa personnalité. Les assises vont ainsi s’attacher, sur trois semaines, à la fois au mode opératoire de l’accusé et à la trajectoire d’un pédocriminel actif dans les années 1990 et 2000.
C’est là que se trouve la contradiction centrale du dossier: Ney a reconnu plusieurs crimes en Allemagne, mais refuse toujours l’accusation qui le renvoie au meurtre de Jonathan Coulom en France. Après deux décennies d’attente, le procès de Nantes est la première occasion pour la justice française de confronter cette dénégation à l’ensemble des éléments réunis dans l’enquête. Pour la famille, la réponse espérée est simple, même si elle arrive tard: savoir enfin comment un enfant de 9 ans a disparu et si l’homme déjà condamné ailleurs est bien celui qui l’a tué.
