La liquidation judiciaire de Magneto Presse, au printemps 2024, a marqué un tournant brutal pour Laurent Delahousse. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche cette année-là, le journaliste et producteur a dit combien la fermeture de la société l’avait profondément attristé, la décrivant comme l’une des plus belles aventures de sa vie.
Delahousse a expliqué que son équipe avait tenté de tenir bon, en « gardant la tête hors de l’eau », mais que le modèle économique finit par s’imposer. La production documentaire, a-t-il rappelé, coûte extrêmement cher et rapporte très peu. Pour lui, l’arrêt de Magneto Presse n’était pas seulement la fin d’une société, mais la conséquence directe d’un secteur où les marges sont minces et les équilibres fragiles.
Avant cette liquidation, Magneto Presse avait accompagné une partie de son travail télévisuel et documentaire. Après cette rupture, Delahousse a rapidement rebondi en créant Native Production, une nouvelle structure tournée vers la télévision et le numérique. La société développe des projets de fiction, des podcasts et de nouveaux reportages, tandis que le présentateur a aussi lancé sur France 5 la série documentaire Ainsi va le monde.
Ce virage éclaire la manière dont Delahousse a traversé la crise: sans renier son métier, mais en changeant d’outil pour continuer à produire. Il a dit ne pas confondre complaisance et bienveillance, et a résumé sa ligne avec une formule simple: son seul objectif est de « faire émerger la vérité ». Au moment où il présentait le 20 heures sur France 2 puis 20H30 Le Dimanche, cette évolution dessinait déjà une suite claire après la fermeture de Magneto Presse.
La chute de Magneto Presse a donc servi de révélateur. Elle a montré la fragilité économique du documentaire, mais aussi la capacité de Delahousse à repartir vite, avec une nouvelle structure et les mêmes exigences éditoriales.

