MONTRÉAL — Les Canadiens ont tenu une séance matinale facultative au Centre Bell vendredi, avec 18 joueurs sur la glace, à quelques heures d’un match 6 contre les Sabres de Buffalo prévu à 20 h HE. Montréal arrive avec une avance de 3-2 dans la série, mais le message venu du vestiaire a été le même d’un bout à l’autre: ne pas transformer ce match en événement plus grand qu’il n’est déjà.
Kaiden Guhle l’a dit sans détour. Lane Hutson l’a répété. Martin St-Louis a insisté sur la même idée: pour lui, ce n’est qu’un autre match. « Si tu passes tellement de temps à leur dire à quel point c’est important, tu fais monter le niveau de stress », a expliqué l’entraîneur. « Pour moi, c’est: les gars, c’est juste un autre match. Jouons. Les filets seront au même endroit. Ligne bleue, ligne rouge… »
Le match 6 devait commencer à 20 h HE vendredi au Centre Bell, et les Canadiens tentaient de sceller leur billet pour la finale de l’Association de l’Est. Dans ce contexte, la retenue affichée par St-Louis n’est pas qu’une formule de vestiaire. Elle correspond à une façon de gérer la pression d’une série qui peut basculer d’un soir à l’autre, surtout devant une salle qui attend beaucoup et qui n’a pas encore vu ce type de rendez-vous en soirée cette saison.
Ce sera d’ailleurs la première fois des séries que Montréal jouera un samedi soir cette année, et le sujet a naturellement ramené les projecteurs vers Cole Caufield. L’attaquant a inscrit 21 buts en 23 matchs disputés le samedi cette saison, une production qui a alimenté les discussions autour de son aisance dans ce créneau. Caufield a reconnu que le chiffre était surprenant. Il a ajouté qu’il devait « rattraper ça pendant les jours de semaine », tout en soulignant que, quand tout le monde regarde, ce genre de match fait monter l’adrénaline et donne envie de profiter du moment.
St-Louis n’a pas cherché à calmer cet aspect-là. Au contraire, il a dit qu’il n’aimait pas voir la chose comme un problème. « On n’aime pas ça », a-t-il lancé, avant d’ajouter que Caufield aime le hockey et que l’énergie d’un samedi soir au Centre Bell peut nourrir cet amour du jeu. « Est-ce que ça augmente l’amour du jeu? Je ne sais pas. Mais pour une raison ou une autre, il se retrouve dans de grandes situations le samedi soir, et c’est plaisant à voir », a-t-il dit.
Le contraste est clair: d’un côté, une série à portée de main et un match qui peut ouvrir la porte au prochain tour; de l’autre, un groupe qui refuse de parler comme s’il jouait une finale. C’est là que se trouve la vraie ligne de fracture de la journée. Les Canadiens ont l’avance, le moment est chargé, et pourtant leur banc continue de réduire la soirée à ce qu’elle sera sur la glace: 60 minutes de hockey, sans garantie, sans décor supplémentaire.

