Antoine Roussel a mis le doigt sur ce qui a coûté cher aux Canadiens mardi soir: « C'est à l'avantage numérique de dicter le ton ». Le club montréalais a perdu un match qu’il pouvait éviter après n’avoir marqué qu’une fois en sept occasions en avantage numérique.
Le message de Roussel arrive au moment où Martin St-Louis et ses joueurs se retrouvent à nouveau devant un constat familier. Dans le match décrit, Jakub Dobes a joué, mais l’attaque n’a pas su convertir assez de ses chances, et les Canadiens ont laissé filer un résultat qui leur tendait pourtant les bras. Arber Xhekaj n’a reçu que moins de quatre minutes de temps de glace, pendant que Juraj Slafkovsky a joué 13 minutes de plus que Zachary Bolduc.
Cette défaite contre les Sabres s’inscrit dans une série de deuxième ronde où les Canadiens sont présentés comme l’équipe la plus forte sur le papier et sur la glace. Mais ils ont aussi trop souvent laissé l’indiscipline brouiller leur plan de match, tout en s’appuyant trop sur le même groupe à l’avantage numérique. C’est là que le propos de Roussel prend son sens: dans une série serrée, le rythme ne se subit pas, il se impose.
Le problème, pour Montréal, est qu’il ne s’agit pas d’un avertissement inédit. Le texte rappelle que cette jeune équipe avait déjà échoué à retenir une leçon après une défaite du quatrième duel contre Tampa Bay, un précédent qui renforce l’idée d’une certaine immaturité dans les moments où la marge d’erreur disparaît. Mardi, la répétition du scénario a pesé plus lourd que le contexte lui-même.
Au bout du compte, les Canadiens ne peuvent plus se contenter d’un bon volume de jeu ou d’une possession supérieure. Tant que leur avantage numérique ne donnera pas le ton et que leur gestion des rôles restera aussi inégale, ils laisseront à l’adversaire exactement l’ouverture qu’une équipe mieux préparée n’hésite jamais à exploiter.

