Lecture: Si Tu Penses Bien Film : Géraldine Nakache explore la emprise à Cannes

Si Tu Penses Bien Film : Géraldine Nakache explore la emprise à Cannes

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À Cannes Première, a présenté Si tu penses bien, un drame de 94 minutes sur les mécaniques du contrôle psychologique narcissique. Le film suit Gil, incarnée par , et , joué par , dans une histoire qui commence à Dubai avant de remonter six ans plus tôt, au moment où leur relation bascule.

La mise en place est rapide. Gil et Jacques tombent amoureux, décident d’avoir un enfant puis se marient dans l’intimité, loin de leurs familles. Dans le présent du film, Gil veut reprendre sa vie en main et un ancien cadreur lui propose un projet. Elle avait cessé de travailler pour essayer d’avoir un deuxième enfant, mais Jacques s’oppose à ce retour. La reprise de souffle se heurte d’emblée à un mari qui entend garder la main.

Le poids du film tient à la façon dont l’espace intime devient un terrain de domination. Dès l’ouverture, Gil retire son vernis à ongles, ses boucles d’oreilles, ses bagues et ses colliers avant d’entrer au Mikveh. Le rite, ici, n’a rien d’un simple cadre spirituel: sous le regard de Jacques, il devient un instrument de contrôle. C’est là que le film place sa phrase la plus glaçante, celle que Jacques lance au rabbin après un simple malaise de Gil: « Je l’ai sauvée ». Et c’est aussi là qu’il martèle son mantra, « Si elle pense bien, il ne lui arrivera que du bien ».

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Ce qui frappe, c’est que Jacques utilise la religion comme une contrainte alors même que Gil partage sa foi. Le film ne s’arrête pas à cette seule pression. Il montre aussi comment la jalousie, le passé de Gil et leur fille peuvent devenir des leviers de manipulation. La pratique du judaïsme et le bruit de fond d’un antisémitisme latent traversent l’histoire sans quitter le registre du quotidien, comme une menace qui s’ajoute à l’étau conjugal.

Ce basculement tranche avec le cinéma de Géraldine Nakache tel qu’on le connaissait dans ses comédies et . Ici, la légèreté disparaît au profit d’un face-à-face serré, où chaque geste compte et où le contrôle s’exerce à travers les mots, les rites et les silences. En se plaçant du côté de Gil, le film raconte moins une séparation qu’une reprise de pouvoir.

Au bout du compte, Si tu penses bien ne laisse pas vraiment place au doute: ce que Gil cherche, ce n’est pas seulement à sortir d’un mariage, mais à redevenir libre avant que d’autres décident encore à sa place. Et c’est bien cela qui fait du film de Nakache un drame sec, actuel et sans échappatoire.

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