Arthur Rinderknech a quitté Shanghai avec une défaite, mais aussi avec le plus grand tournoi de sa carrière. Le Français, installé parmi les 100 meilleurs joueurs mondiaux depuis 2021, a atteint en 2025 la finale du Shanghai Masters 1000, avant de s’incliner face à son cousin Valentin Vacherot.
Le résultat a pris une autre dimension parce qu’il est arrivé après un début d’année 2025 très compliqué. Une source proche du dossier a raconté qu’il était alors « dans un trou noir » et qu’il avait même dit « deux, trois fois » qu’il pensait peut-être arrêter sa carrière. « Bon, peut-être pas en le pensant vraiment, mais quand on commence à le dire, ce n’est jamais bon signe », a ajouté cette source.
Cette semaine à Shanghai a pourtant confirmé qu’arthur rinderknech avait franchi un cap rare. En 2025, il avait déjà atteint les huitièmes de finale de l’US Open, et sa finale en Masters 1000 l’a fait entrer dans une autre catégorie de visibilité dans le tennis masculin. À 8 000 kilomètres de la région parisienne où il a grandi, le joueur a offert la plus forte réponse possible à une saison qui semblait lui échapper.
Le parcours de Rinderknech s’inscrit aussi dans une famille où le tennis est une histoire de génération en génération. Son père, Pascal, dirige un club à Vincennes, dans le sud-est de Paris. Sa mère, Virginie Paquet, a joué chez les professionnelles dans les années 1980 et avait atteint le deuxième tour à Roland-Garros en 1986. Par sa mère, il est aussi le cousin de Benjamin Balleret et de Valentin Vacherot, et il compte encore une cousine plus éloignée dans le circuit, Chloé Paquet.
Mais au lieu de suivre le chemin classique des juniors, il a choisi une autre route. À 18 ans, il est parti à College Station, aux États-Unis, pour intégrer Texas A&M University, où il a passé quatre ans, de 2014 à 2018. Là-bas, il a combiné études et tennis, et c’est aussi sur ces courts qu’il a rencontré sa femme, Hortense Boscher. « Je n’étais pas le meilleur chez les juniors. Je n’étais même pas parmi les meilleurs Français de ma catégorie d’âge, dont je ne pouvais pas être beaucoup aidé. Je voulais continuer à jouer au tennis, pas seulement aller à l’école. Aux States, je pouvais faire les deux, c’était une expérience magnifique », a-t-il dit.
Ce choix a façonné sa carrière autant que ses résultats. Longtemps discret, il a tenu sa place dans le top 100 depuis 2021 sans faire de bruit, avant de franchir un palier cette année. Sa finale à Shanghai, perdue contre Vacherot, raconte moins une surprise isolée qu’une progression tardive, nourrie par une trajectoire moins linéaire que celle de nombreux joueurs de son niveau.
La question désormais n’est plus de savoir si Rinderknech a sa place au plus haut niveau. Elle est de voir s’il peut transformer cette fin de saison en base durable, après avoir prouvé à Shanghai qu’un joueur longtemps installé dans l’ombre peut encore changer sa carrière au moment où elle semblait vaciller.

