L’agence sanitaire de premier plan en Afrique a déclaré vendredi une flambée d’Ebola dans la province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, où quelque 246 cas et 65 morts ont été signalés. La majorité des malades et des décès se concentrent dans les villes minières d’or de Mongwalu et de Rwampara.
Parmi les 65 morts, quatre ont été recensés chez des cas confirmés en laboratoire. Des cas suspects supplémentaires ont aussi été signalés dans Bunia, la capitale provinciale de l’Ituri, en attendant la confirmation des analyses. Au moment du rapport, le gouvernement congolais n’avait pas encore déclaré officiellement l’épidémie.
L’agence a indiqué qu’elle réunissait la RDC, l’Ouganda, le Soudan du Sud et d’autres partenaires internationaux pour parler de la réponse sanitaire et de la surveillance transfrontalière. Les premières analyses menées à l’Institut National de Recherche Biomédicale de Kinshasa, après des consultations avec le ministère de la Santé et l’Institut national de santé publique, ont détecté le virus dans 13 des 20 échantillons examinés.
La nouvelle tombe sur un pays qui connaît déjà trop bien cette maladie. L’Ebola a été découvert en 1976 dans ce qui est aujourd’hui la RDC, et la flambée d’Ituri est la 17e dans le pays. Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels, provoque de graves hémorragies et une défaillance d’organes, et il n’existe pas de cure. Environ 50 000 personnes en sont mortes dans différents pays africains au cours des 50 dernières années.
Le bilan passé reste lourd. Entre 2018 et 2020, l’épidémie la plus meurtrière de la RDC a fait près de 2 300 morts. L’an dernier, 45 personnes sont mortes après une autre flambée dans la province centrale du Kasaï. Cette fois, la pression est renforcée par le contexte local: l’Ituri est sous administration militaire depuis 2021, après le remplacement de l’autorité civile par un général, et la zone a longtemps accueilli des dizaines de groupes armés, dont les Forces démocratiques alliées, affiliées au groupe État islamique.
Dans les villes minières comme dans les centres administratifs, la question immédiate n’est plus de savoir si la menace est sérieuse. Elle l’est déjà. Ce qui comptera maintenant, c’est la vitesse à laquelle les autorités congolaises et leurs partenaires pourront isoler les cas, suivre les contacts et contenir une maladie qui s’étend vite quand elle franchit les frontières du quotidien.
