Les autorités canadiennes tentent cette semaine de joindre 26 Canadiens après une exposition au hantavirus, alors que des passagers du navire de croisière MV Hondius ont débarqué dimanche à l’aéroport de Tenerife, dans les îles Canaries, en Espagne. Les responsables de la santé publique décrivent le risque comme faible, mais l’affaire a ravivé de vieux réflexes au pays: quand une infection circule, combien de personnes faut-il prévenir, et à quel moment faut-il agir ?
Un porte-parole de la Public Health Association of Canada a indiqué que, dans le cas de quatre Canadiens asymptomatiques, il n’était pas nécessaire de les isoler lorsqu’ils seraient rapatriés. Cette consigne a ensuite changé. La prudence tient au fait que la variante Andes du hantavirus peut se transmettre d’une personne à l’autre, mais seulement après un contact rapproché prolongé. Les autorités rappellent aussi qu’une éclosion en Argentine en 2018-19 avait donné lieu à une transmission entre personnes ayant simplement partagé le même espace intérieur lors d’une fête d’anniversaire.
Le dossier arrive alors que le Canada reste marqué par la pandémie de COVID-19. Le virus a coûté des dizaines de milliers de vies au pays, brisé des liens familiaux, mis en lumière les fragilités des systèmes de santé et de soins de longue durée, et ébranlé la confiance des Canadiens dans les institutions publiques. Des documents provinciaux et des études isolées ont depuis examiné la gestion de la crise, mais il n’y a toujours pas eu d’enquête nationale exhaustive sur la réponse du Canada à la COVID-19.
C’est ce passé qui rend la communication autour du hantavirus si sensible aujourd’hui. En mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé avait dit qu’il s’agissait d’un « fait » que la COVID-19 « is NOT airborne. » Plus tard, Patricia Hajdu a décrit cette affirmation comme « not effective at all », et Theresa Tam a dit qu’elle n’était « not beneficial ». Ces épisodes ont laissé une leçon durable: dans une crise sanitaire, les premières consignes comptent autant que la maladie elle-même.
Pour l’instant, les responsables insistent sur le fait que l’exposition au hantavirus ne signale pas nécessairement une menace plus large. Le risque d’une grande éclosion est jugé faible, mais la façon dont le Canada traitera ces 26 personnes dira beaucoup de la vitesse à laquelle le pays sait encore réagir quand un virus rare franchit les frontières avant que les certitudes n’arrivent.
