Le Mexique a lancé la Mondial-2026 jeudi à Mexico en battant l’Afrique du Sud 2-0 au stade Azteca, devant 80 000 spectateurs. La soirée devait marquer le coup d’envoi d’un tournoi à 104 matchs; elle a surtout rappelé, dès la première minute, que ce Mondial serait observé autant pour son spectacle que pour la pression qu’il impose déjà à la capitale.
Dans les tribunes, la foule a chanté El Rey pour saluer la victoire du Tri, tandis que l’ouverture a mêlé musique, danse et feux d’artifice. Shakira a participé à la cérémonie d’ouverture et a interprété Dai Dai avec Burna Boy, alors qu’Andrea Bocelli et Ejae ont chanté l’hymne officiel DNA. Gianni Infantino a présenté le trophée de la compétition au public, dans un stade Azteca plein à craquer.
C’est aussi pour cela que le match est scruté aujourd’hui. Le Mexique accueillait la première rencontre des 104 matchs de la Coupe du monde 2026, une vitrine mondiale dans une ville où la sécurité avait été renforcée par des centaines de membres de la Garde nationale, ainsi que par des policiers antiémeute et des unités montées autour du stade. Le centre-ville n’était pas en reste: une fan zone de 55 000 personnes avait été installée au Zocalo pour suivre la fête à distance.
Mais la célébration n’a pas été totalement fluide. Dans les jours précédant le coup d’envoi, des enseignants en grève avaient bloqué une partie de la capitale, et l’accès au Zocalo avait été fermé par des barrières métalliques. Près du stade, une banderole de boycott portant le message « Boycott de la Coupe du monde de la FIFA 2026 ! » avait aussi été installée sur l’avenue menant à l’Azteca, signe que l’ouverture du tournoi avançait dans un climat déjà tendu. Sheree Toomes, venue pour vivre l’ambiance, a dit avoir trouvé la présence policière impressionnante, au point de rappeler que « la police, l’armée, on ne voit pas ça au Royaume-Uni ».
La soirée a donc offert au Mexique un départ sportif net, mais aussi un premier test d’ordre public. Entre la victoire, les concerts et les chants, l’image retenue est celle d’un lancement réussi; entre les contrôles, les blocages et les rassemblements, c’est celle d’un Mondial qui commence sous surveillance, avec la question plus large de savoir jusqu’où Mexico pourra maintenir cette fête sans laisser le désordre reprendre le dessus.

